24.09.2006

Benoît XVI (61)


Audience générale, 6 sept 2006, §4


A un autre moment, très important pour l'histoire future, avant la Passion, plusieurs grecs qui se trouvaient à Jérusalem pour la Pâque "abordèrent Philippe... Ils lui firent cette demande : 'Nous voudrions voir Jésus'. Philippe va le dire à André ; et tous deux vont le dire à Jésus" (Jn 12, 20-22). Nous avons une fois de plus le signe de son prestige particulier au sein du collège apostolique. Dans ce cas, il sert surtout d'intermédiaire entre la demande de plusieurs Grecs - il parlait probablement grec et put servir d'interprète - et Jésus ; même s'il s'unit à André, l'autre Apôtre qui porte un nom grec, c'est, quoi qu'il en soit, à lui que ces étrangers s'adressent. Cela nous enseigne à être nous aussi toujours prêts à accueillir les demandes et les invocations, d'où qu'elles proviennent, ainsi qu'à les orienter vers le Seigneur, l'unique qui puisse les satisfaire pleinement. Il est en effet important de savoir que nous ne sommes pas les destinataires ultimes des prières de ceux qui nous approchent, mais que c'est le Seigneur : c'est à lui que nous devons adresser quiconque se trouve dans le besoin. Voilà : chacun de nous doit être une route ouverte vers lui !


23.09.2006

Benoît XVI (60)


Audience générale, 30 août 2006, §4


La bonne annonce de l'Evangile consiste précisément en cela : dans l'offrande de la grâce de Dieu au pécheur ! Ailleurs, dans la célèbre parabole du pharisien et du publicain montés au Temple pour prier, Jésus indique même un publicain anonyme comme exemple appréciable d'humble confiance dans la miséricorde divine : alors que le pharisien se vante de sa propre perfection morale, "le publicain... n'osait même pas lever les yeux vers le ciel, mais il se frappait la poitrine en disant : 'Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis !'" Et Jésus commente : "Quand ce dernier rentra chez lui, c'est lui, je vous le déclare, qui était devenu juste. Qui s'élève sera abaissé ; qui s'abaisse sera élevé" (Lc 18, 13-14). Dans la figure de Matthieu, les Evangiles nous proposent donc un véritable paradoxe : celui qui est apparemment le plus éloigné de la sainteté peut même devenir un modèle d'accueil de la miséricorde de Dieu et en laisser entrevoir les merveilleux effets dans sa propre existence.


03.09.2006

Jean-Paul II (66)


Homélie, 10-VI-2000, n. 5
(soirée du samedi, à l'occasion de la solennité de la Pentecôte, journée jubilaire consacrée à la "réflexion sur les devoirs des
catholiques envers les autres : annonce du Christ, témoignage et dialogue")


"Il me rendra témoignage. Mais vous aussi, vous témoignerez, parce que vous êtes avec moi depuis le commencement" (Jn 15,26-27). Dans ces paroles est contenue toute la logique de la Révélation et de la foi dont vit l'Église : le témoignage de l'Esprit Saint, qui naît de la profondeur du mystère trinitaire de Dieu, et le témoignage humain des Apôtres, lié à leur expérience historique du Christ. L'un et l'autre sont nécessaires. Et il s'agit même, si l'on regarde bien, d'un unique témoignage : c'est l'Esprit qui continue à parler aux hommes d'aujourd'hui à travers la langue et la vie des disciples actuels du Christ.


02.09.2006

Benoît XVI (59)


Homélie, Dimanche 4 juin 2006, § 5-6 (Pentecôte)


Mais comment entrer dans le mystère de l'Esprit Saint, comment comprendre le secret de l'Amour ? La page de l'Evangile nous conduit aujourd'hui dans le Cénacle où, la dernière Cène étant terminée, un sentiment de désarroi rend les Apôtres tristes. La raison en est que les paroles de Jésus suscitaient en effet des interrogations inquiétantes : Il parle de la haine du monde envers Lui et envers les siens, il parle de son mystérieux départ, et de nombreuses choses restent encore à dire, mais pour le moment les Apôtres ne sont pas en mesure d'en porter le poids (cf. Jn 16, 12). Pour les réconforter, il explique la signification de son départ : il partira, mais reviendra ; en attendant, il ne les abandonnera pas, il ne les laissera pas orphelins. Il enverra le Consolateur, l'Esprit du Père, et ce sera l'Esprit qui fera savoir que une œuvre du Christ est une œuvre d'amour : amour de Celui qui s'est offert, amour du Père qui l'a donné.

Tel est le mystère de la Pentecôte : l'Esprit Saint éclaire l'esprit humain et, en révélant le Christ crucifié et ressuscité, il indique la voie pour devenir davantage semblables à Lui, c'est-à-dire être "expression et instrument de l'amour qui émane de Lui" (Deus caritas est, n. 33). Recueillie avec Marie, comme lors de sa naissance, l'Eglise prie aujourd'hui :"Veni Sancte Spiritus ! - Viens, Esprit Saint, remplis les cœurs de tes fidèles et embrase-les du feu de ton amour !". Amen.


01.09.2006

Benoît XVI (58)


Audience générale, 9 août 2006, §5


Cette question nous introduit au troisième moment du mouvement de l'amour : de destinataires qui recevons un amour qui nous précède et nous dépasse, nous sommes appelés à l'engagement d'une réponse active qui, pour être adéquate, ne peut être qu'une réponse d'amour. Jean parle d'un "commandement". Il rapporte en effet ces paroles de Jésus : "Je vous donne un commandement nouveau : vous aimer les uns les autres ; comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres" (Jn 13, 34). Où se trouve la nouveauté dont parle Jésus? Elle réside dans le fait qu'il ne se contente pas de répéter ce qui était déjà exigé dans l'Ancien Testament, et que nous lisons également dans les autres Evangiles : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (Lv 19, 18 ; cf. Mt 22, 37-39 ; Mc 12, 29-31 ; Lc 10 27). Dans l'ancien précepte, le critère normatif était tiré de l'homme ("comme toi-même"), tandis que dans le précepte rapporté par Jean, Jésus présente comme motif et norme de notre amour sa personne même : "Comme je vous ai aimés". C'est ainsi que l'amour devient véritablement chrétien, en portant en lui la nouveauté du christianisme : à la fois dans le sens où il doit s'adresser à tous, sans distinction, et surtout dans le sens où il doit parvenir jusqu'aux conséquences extrêmes, n'ayant d'autre mesure que d'être sans mesure. Ces paroles de Jésus, "comme je vous ai aimés", nous interpellent et nous préoccupent à la fois ; elles représentent un objectif christologique qui peut apparaître impossible à atteindre, mais dans le même temps, elles représentent un encouragement qui ne nous permet pas de nous reposer sur ce que nous avons pu réaliser. Il ne nous permet pas d'être contents de ce que nous sommes, mais nous pousse à demeurer en chemin vers cet objectif.