26.04.2006

Jean-Paul II (2)


Lettre Apostolique Novo Millennio Ineunte (6-I-2001), n. 5


Il est certain que la coïncidence de ce Jubilé avec l'entrée dans un nouveau millénaire a favorisé, sans aucunement se livrer à des fantaisies millénaristes, la perception du mystère du Christ dans le vaste horizon de l'histoire du salut. Le christianisme est une religion insérée dans l'histoire ! C'est en effet sur le terrain de l'histoire que Dieu a voulu établir une alliance avec Israël et préparer ainsi la naissance de son Fils du sein de Marie "dans la plénitude du temps" (Ga 4,4). Considéré dans son mystère divin et humain, le Christ est le fondement et le centre de l'histoire, il en est le sens et le but ultime. C'est en effet par lui, Verbe et image du Père, que "tout a été fait" (Jn 1,3; cf. Col 1,15-16). Son incarnation, qui a son sommet dans le mystère pascal et dans le don de l'Esprit, constitue le cœur vibrant du temps, l'heure mystérieuse où le Règne de Dieu s'est fait proche (cf. Mc 1,15) et même s'est enraciné dans notre histoire comme une semence destinée à devenir un grand arbre (cf. Mc 4,30-32).


Benoît XVI (1)


Homélie, Samedi 25 mars 2006, § 1 (Annonciation du Seigneur)
(Célébration Eucharistique pour la remise
de l'anneau aux nouveaux Cardinaux)


Dans l'Incarnation du Fils de Dieu, nous reconnaissons en effet les débuts de l'Eglise. Tout provient de là. Toute réalisation historique de l'Eglise et également chacune de ses institutions doivent se référer à cette Source originelle. Elles doivent se référer au Christ, Verbe de Dieu incarné. C'est Lui que nous célébrons toujours : l'Emmanuel, le Dieu-avec-nous, par l'intermédiaire duquel s'est accomplie la volonté salvifique de Dieu le Père. Et cependant (nous contemplons cet aspect du Mystère précisément aujourd'hui) la Source divine s'écoule par un canal privilégié : la Vierge Marie. Utilisant une image éloquente, saint Bernard parle, à ce propos d'aquaeductus (cf. Sermo in Nativitate B.V. Mariae : PL 183, 437-448). En célébrant l'Incarnation du Fils nous ne pouvons pas, par conséquent, ne pas honorer sa Mère. C'est à Elle que fut adressée l'annonce de l'ange ; Elle l'accueillit, et lorsque du plus profond de son cœur Elle répondit : "Je suis la servante du Seigneur ; qu'il m'advienne selon ta parole" (Lc 1, 38), à ce moment-là, le Verbe éternel commença à exister comme être humain dans le temps.


25.04.2006

Jean-Paul II (1)


Audience générale, 23 mars 1983, nn. 2-3


Là-bas, en Galilée, dans l'humble maison de Nazareth, à côté de l'archange Gabriel qui apporte l'annonce (sujet) et de Marie qui reçoit l'annonce (terme), c'est Lui qu'il faut entrevoir avec les yeux attentifs de la foi : c'est précisément Lui le contenu (objet) de l'Annonciation.

(...) Mais Jésus n'est pas encore là, du moins sur le plan des apparences. On dirait que, de même que le ciel et la terre attendent la réponse de Marie, de même le Verbe attend, tremblant et en secret, pour réaliser tout aussitôt l'éternel dessein du Père.


EXALTATION

Résurrection

Jésus n’est plus dans le tombeau. Il est dans une vie totalement nouvelle. Mais comment cela a-t-il pu se produire ? Quelles forces ont agi là ? ...Il était un avec la vie indestructible, de telle manière que celle-là, à travers la mort, jaillisse d’une manière nouvelle (BXVI-50)


La vérité de la résurrection du Christ est le donné originel sur lequel s'appuie la foi chrétienne (cf. 1 Cor 15,14), événement qui se place au centre du mystère du temps et qui préfigure le dernier jour, lorsque le Christ reviendra dans la gloire. Nous ne savons pas quels événements nous réservera le millénaire qui commence, mais nous avons la certitude qu'il demeurera solidement dans les mains du Christ (JPII-63)


La grande explosion de la résurrection nous a saisis dans le Baptême pour nous attirer. Ainsi nous sommes associés à une nouvelle dimension de la vie dans laquelle nous sommes déjà en quelque sorte introduits, au milieu des tribulations de notre temps (BXVI-51)


En cette nuit de la Résurrection, tout recommence à partir du "commencement" ; la création retrouve sa signification authentique dans le plan du salut. C’est comme un nouveau départ de l’histoire et du cosmos, parce que le Christ est ressuscité (JPII-64)


Le Christ est ressuscité ; il est vivant pour toujours. Il nous invite à devenir des témoins joyeux de l’Évangile ; cela ne signifie pas se désintéresser des réalités terrestres, mais insuffler dans ses activités humaines une respiration surnaturelle (BXVI-52)


La résurrection est, en quelque sorte, située tellement au-delà de notre horizon... Elle est – si nous pouvons pour une fois utiliser le langage de la théorie de l’évolution – la plus grande "mutation", le saut absolument le plus décisif dans une dimension totalement nouvelle qui soit jamais advenue dans la longue histoire de la vie et de ses développements : un saut d’un ordre complètement nouveau, qui nous concerne et qui concerne toute l’histoire (BXVI-53)


"La contemplation du visage du Christ ne peut s'arrêter à son image de crucifié. Il est le Ressuscité !" (Lettre apostolique Novo millennio ineunte, 6 janvier 2001, n.28). Depuis toujours le Rosaire exprime cette conscience de la foi, invitant le croyant à aller au-delà de l'obscurité de la Passion, pour fixer son regard sur la gloire du Christ dans la Résurrection et dans l'Ascension (JPII-62)


Apparitions

Au cours du temps pascal la liturgie nous offre de multiples encouragements pour renforcer notre foi dans le Christ ressuscité... Jésus se fit donner du poisson grillé et le mangea sous leurs yeux. Dans ce récit, comme dans d'autres, on ressent une invitation répétée à vaincre l'incrédulité et à croire à la résurrection du Christ, car ses disciples sont appelés à être des témoins précisément de cet événement extraordinaire (BXVI-56)


Emmaüs

Chaque fidèle doit se sentir appelé à aller, en tant qu'envoyé du Christ, à la recherche de ceux qui se sont éloignés de la communauté, comme ces disciples d'Emmaüs qui avaient cédé au découragement. Il faut aller jusqu'aux extrémités de la société pour apporter à tous la lumière du message du Christ sur la signification de la vie, de la famille et de la société (BXVI-55)


"Reste avec nous, Seigneur, le soir approche". Telle fut l'invitation insistante que les deux disciples, faisant route vers Emmaüs le soir même du jour de la résurrection, adressèrent au Voyageur qui s'était joint à eux le long du chemin. Habités par de tristes pensées, ils n'imaginaient pas que cet inconnu était bien leur Maître, désormais ressuscité. Ils faisaient toutefois l'expérience d'un "désir ardent" et profond, tandis qu'il leur parlait, leur "expliquant" les Écritures (JPII-65)


En ce troisième dimanche de Pâques, saint Luc raconte comment les deux disciples d'Emmaüs, après l'avoir reconnu "dans la fraction du pain", se rendirent, remplis de joie, à Jérusalem pour informer les autres de ce qui leur était arrivé. Et précisément au moment où ils parlaient, le Seigneur lui-même est apparu, montrant ses mains et ses pieds avec les signes de la passion (BXVI-56)


Primat de Pierre

Grâce à l'humiliation du reniement et aux larmes abondantes qui le purifièrent intérieurement, Simon devint Pierre, c'est-à-dire le "roc" : affermi par la force de l'Esprit, il déclara par trois fois son amour à Jésus, recevant le mandat d'en paître le troupeau (JPII-57)


L’évangéliste saint Jean raconte que Jésus, après sa résurrection, confia à Pierre le soin de son troupeau. Pierre, les autres Apôtres et leurs successeurs, ont répandu dans le monde entier le message évangélique, dont le mystère pascal – la passion, la mort et la résurrection de Jésus – constitue le centre (BXVI-52)


Ascension

En contemplant le Ressuscité, le chrétien redécouvre les raisons de sa propre foi, et il revit la joie non seulement de ceux à qui le Christ s'est manifesté – les Apôtres, Marie-Madeleine, les disciples d'Emmaüs –, mais aussi la joie de Marie, qui a dû faire une expérience non moins intense de la vie nouvelle de son Fils glorifié. À cette gloire qui, par l'Ascension, place le Christ à la droite du Père, elle sera elle-même associée par l'Assomption... (JPII-62)


Après que le Seigneur fut monté au Ciel, les disciples se réunirent en prière au Cénacle, avec la Mère de Jésus, en invoquant ensemble l'Esprit Saint, qui allait les revêtir de puissance pour le témoignage qu'ils devaient rendre du Christ ressuscité. Chaque communauté chrétienne, unie à la Très Sainte Vierge, revit ces jours-ci cette expérience spirituelle singulière en préparation à la solennité de la Pentecôte (BXVI-54)


Pentecôte

Le jour de la Pentecôte, l'Esprit Saint descendit avec puissance sur les Apôtres ; ainsi commença la mission de l'Eglise dans le monde. Jésus avait lui-même préparé les Onze à cette mission en leur apparaissant plusieurs fois après sa résurrection. Avant son ascension au Ciel..., il leur demanda en fait de demeurer ensemble pour se préparer à recevoir le don de l'Esprit Saint (BXVI-57)


"Il me rendra témoignage. Mais vous aussi, vous témoignerez, parce que vous êtes avec moi depuis le commencement". Dans ces paroles est contenue toute la logique de la Révélation et de la foi dont vit l'Église : le témoignage de l'Esprit Saint, qui naît de la profondeur du mystère trinitaire de Dieu, et le témoignage humain des Apôtres, lié à leur expérience historique du Christ (JPII-66)


Tel est le mystère de la Pentecôte : l'Esprit Saint éclaire l'esprit humain et, en révélant le Christ crucifié et ressuscité, il indique la voie pour devenir davantage semblables à Lui, c'est-à-dire être "expression et instrument de l'amour qui émane de Lui" (Deus caritas est, n. 33) (BXVI-59)


Dormition de Marie

Quel qu'ait été le fait organique et biologique qui causa, sous l'aspect physique, la cessation de la vie du corps, on peut dire que le passage de cette vie à l'autre vie fut pour Marie une maturation de la grâce dans la glorie, de sorte que, jamais comme en ce cas, la mort n'a pu être conçue comme une "dormition" (JPII-61)


Assomption

Aujourd'hui, en la solennité de l'Assomption, nous contemplons le mystère du passage de Marie de ce monde au Paradis : nous célébrons, pourrions-nous dire, sa pâque... ; une occasion utile pour méditer sur le sens véritable et sur la valeur de l'existence humaine dans la perspective de l'éternité (BXVI-48)


Par sa médiation subordonnée à celle du Rédempteur, Marie contribue d'une manière spéciale à l'union de l'Eglise en pèlerinage sur la terre avec la réalité eschatologique et céleste de la communion des saints, puisqu'elle a déjà été "élevée au ciel" (JPII-59)


Marie a été élevée au ciel corps et âme : même pour le corps, il y a une place en Dieu. Le ciel n'est plus pour nous un domaine très éloigné et inconnu... Dans le ciel, nous avons une Mère. Le ciel s'est ouvert, le ciel a un cœur (BXVI-49)


Par le mystère de l'Assomption au ciel se sont réalisés définitivement en Marie tous les effets de l'unique médiation du Christ, Rédempteur du monde et Seigneur ressuscité... ; elle a aussi ce rôle, propre à la Mère, de médiatrice de la clémence lors de la venue définitive, lorsque tous ceux qui sont au Christ revivront et que "le dernier ennemi détruit sera la Mort" (JPII-60)


À cette gloire qui, par l'Ascension, place le Christ à la droite du Père, elle sera elle-même associée par l'Assomption, anticipant, par un privilège très spécial, la destinée réservée à tous les justes par la résurrection de la chair. Enfin, couronnée de gloire – comme on le voit dans le dernier mystère glorieux –, elle brille comme Reine des Anges et des Saints, anticipation et sommet de la condition eschatologique de l'Église (JPII-62)

Denière Cène

Lavement des pieds

Il va jusqu'au bout avec son amour, jusqu'à l'extrême : il descend de sa gloire divine. Il dépose les habits de sa gloire divine et revêt les vêtements de l'esclave. Il descend jusqu'au degré le plus bas de notre chute. Il s'agenouille devant nous et nous rend le service de l'esclave ; il lave nos pieds sales, afin que nous devenions admissibles à la table de Dieu (BXVI-43)


Au terme du lavement des pieds, Il nous invite également à l'imiter : "Car c'est un exemple que je vous ai donné, pour que vous fassiez, vous aussi, comme moi j'ai fait pour vous". Il établit de cette façon une corrélation intime entre l'Eucharistie, sacrement de son don sacrificiel, et le commandement de l'amour, qui nous engage à accueillir et à servir nos frères (JPII-55)


C'est un exemple que je vous ai donné; Vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres... Nous laver les pieds les uns les autres signifie surtout nous pardonner inlassablement les uns les autres, recommencer toujours à nouveau ensemble, même si cela peut paraître inutile (BXVI-44)


Plus qu'un exemple d'humilité proposé à notre imitation, cette initiative de Jésus, qui déconcerte Pierre, est avant tout une révélation du caractère radical de la condescendance de Dieu envers nous. Dans le Christ, en effet, c'est Dieu qui "s'est dépouillé" et a pris "la forme d'esclave" jusqu'à l'humiliation suprême de la Croix pour permettre à l'humanité d'accéder à l'intimité de la vie divine (JPII-56)


Commandement nouveau

On ne peut pas séparer la participation à la table du Seigneur du devoir d'aimer son prochain. Chaque fois que nous participons à l'Eucharistie, nous prononçons nous aussi notre "Amen" devant le Corps et le Sang du Seigneur. Nous nous engageons de cette façon à faire ce que le Christ a fait, "laver les pieds" de nos frères... (JPII-55)


Le Christ a révélé ce qui est toujours la source suprême de la vie pour tous et donc aussi pour la famille : "Mon commandement, le voici : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis" (BXVI-45)


Les grands discours qui, dans l'Évangile de Jean, suivent le geste du lavement des pieds et qui en sont comme le commentaire, se présentent comme une introduction au mystère de la communion trinitaire... Cette communion doit être vécue selon la logique du commandement nouveau : "Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres" (JPII-56)


Dans l'ancien précepte, le critère normatif était tiré de l'homme ("comme toi-même"), tandis que dans le précepte rapporté par Jean, Jésus présente comme motif et norme de notre amour sa personne même : "Comme je vous ai aimés". C'est ainsi que l'amour devient véritablement chrétien... : à la fois dans le sens où il doit s'adresser à tous, sans distinction, et surtout dans le sens où il doit parvenir jusqu'aux conséquences extrêmes, n'ayant d'autre mesure que d'être sans mesure (BXVI-58)


Eucharistie

"Faites ceci en mémoire de moi". Avec ce commandement, qui nous engage à répéter son geste, Jésus conclut l'institution du Sacrement de l'Autel. Au terme du lavement des pieds, Il nous invite également à l'imiter : "Car c'est un exemple que je vous ai donné, pour que vous fassiez, vous aussi, comme moi j'ai fait pour vous". Il établit de cette façon une corrélation intime entre l'Eucharistie, sacrement de son don sacrificiel, et le commandement de l'amour, qui nous engage à accueillir et à servir nos frères (JPII-55)


Sa mort fut un acte d’amour. Au cours de la dernière Cène, Il a anticipé sa mort et Il l’a transformée en don de soi. Sa communion existentielle avec Dieu était concrètement une communion existentielle avec l’amour de Dieu, et cet amour est la vraie puissance contre la mort, il est plus fort que la mort (BXVI-50)


Prière sacerdotale

Dans le Christ, en effet, c'est Dieu qui "s'est dépouillé" et a pris "la forme d'esclave" jusqu'à l'humiliation suprême de la Croix pour permettre à l'humanité d'accéder à l'intimité de la vie divine... Ce n'est pas par hasard que la prière sacerdotale couronne cette "mystagogie" en montrant le Christ dans son unité avec le Père, prêt à retourner vers Lui à travers le sacrifice de lui-même et ne voulant rien d'autre que faire participer ses disciples à son unité avec le Père (JPII-56)


Autres

Jésus prie de façon particulière pour Pierre : "... afin que ta foi ne défaille pas". Cette prière de Jésus est à la fois une promesse et un devoir. La prière de Jésus protège la foi de Pierre ; cette foi qu'il a confessée à Césarée de Philippe : "Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant" (BXVI-46)


Ici [au Cénacle], non seulement s'est consommée la trahison de Judas, mais Pierre lui-même a dû prendre conscience de sa faiblesse en recevant l'amère prophétie du reniement. Certes, en choisissant des hommes comme les Douze, le Christ ne se faisait pas d'illusion : c'est sur cette faiblesse humaine qu'il posa le sceau sacramentel de sa présence (JPII-58)


"Toi donc, quand tu seras revenu" - le Seigneur, qui prédit sa chute, lui promet également la conversion : "Le Seigneur, se retournant, fixa son regard sur Pierre..." Le regard de Jésus réalise la transformation et devient le salut de Pierre : Lui, "sortant dehors [...] pleura amèrement". Nous voulons implorer toujours à nouveau ce regard sauveur de Jésus... (BXVI-47)


"Il me rendra témoignage. Mais vous aussi, vous témoignerez, parce que vous êtes avec moi depuis le commencement". Dans ces paroles est contenue toute la logique de la Révélation et de la foi dont vit l'Église : le témoignage de l'Esprit Saint, qui naît de la profondeur du mystère trinitaire de Dieu, et le témoignage humain des Apôtres, lié à leur expérience historique du Christ (JPII-66)


Pour les réconforter, il explique la signification de son départ : il partira, mais reviendra ; en attendant, il ne les abandonnera pas, il ne les laissera pas orphelins. Il enverra le Consolateur, l'Esprit du Père, et ce sera l'Esprit qui fera savoir que une œuvre du Christ est une œuvre d'amour : amour de Celui qui s'est offert, amour du Père qui l'a donné (BXVI-59)

PERSONNAGES

Sainte Vierge

Elle l'accueillit, et lorsque du plus profond de son cœur Elle répondit : "Je suis la servante du Seigneur ; qu'il m'advienne selon ta parole" (Lc 1, 38), à ce moment-là, le Verbe éternel commença à exister comme être humain dans le temps (BXVI-1)


On dirait que, de même que le ciel et la terre attendent la réponse de Marie, de même le Verbe attend, tremblant et en secret, pour réaliser tout aussitôt l'éternel dessein du Père (JPII-1)


Dans l'humilité de la maison de Nazareth vit l'Israël saint, le reste pur. Dieu a sauvé et sauve son peuple. (...) Marie est l'Israël saint ; elle dit "oui" au Seigneur, se met pleinement à sa disposition et devient ainsi le temple vivant de Dieu (BXVI-2)


Dans le mystère de l'Incarnation, Marie a aussi anticipé la foi eucharistique de l'Église. (...) Quand Marie s'exclame : "Mon âme exalte le Seigneur et mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur", Jésus est présent en son sein. Elle loue le Père "pour" Jésus, mais elle le loue aussi "en" Jésus et "avec" Jésus. Telle est précisément la véritable "attitude eucharistique" (JPII-5)


Tout dans l'Eglise, chaque institution et ministère, y compris celui de Pierre et de ses successeurs, est "enveloppé" par le manteau de la Vierge, dans l'espace rempli de grâce de son "oui" à la volonté de Dieu (BXVI-3)


"Mon âme exalte le Seigneur" – (Lc 1, 46). Elle exprime ainsi tout le programme de sa vie : ne pas se mettre elle-même au centre, mais faire place à Dieu, rencontré tant dans la prière que dans le service du prochain – alors seulement le monde devient bon (BXVI-4)


Ce qui nous touche avant tout en Marie, c’est son attention pleine de tendresse envers sa parente âgée. C’est un amour concret qui ne se limite pas à des paroles de compréhension mais qui s’engage personnellement dans une véritable assistance (JPII-6)


Mon âme "magnifie" le Seigneur, c'est-à-dire "proclame la grandeur" du Seigneur. Marie désire que Dieu soit grand dans le monde, soit grand dans sa vie, soit présent parmi nous tous. Elle n'a pas peur que Dieu puisse être un "concurrent" dans notre vie (BXVI-5)


Après le Magnificat vient le silence ; rien n’est dit des trois mois de la présence de Marie aux côtés de sa cousine Élisabeth. Ou peut-être il nous est dit la chose la plus importante : le bien ne fait pas de bruit, la force de l’amour s’exprime dans la tranquille discrétion du service quotidien (JPII-7)


Le premier geste accompli par Marie, après avoir entendu le message de l'Ange, a été celui de se rendre "en hâte" chez sa cousine Elisabeth pour lui proposer ses services (cf. Lc 1, 39). L'initiative de la Vierge fut une initiative de charité authentique, humble et courageuse (BXVI-6)


Par une vocation singulière, elle a vu son Fils Jésus "croître en sagesse, en taille et en grâce". Sur ses genoux et puis en l'écoutant, au long de la vie cachée à Nazareth, ce Fils... a été formé par elle dans la connaissance humaine des Ecritures..., dans l'adoration du Père. D'autre part, elle a été la première de ses disciples..., car déjà en le retrouvant dans le Temple elle reçoit de son Fils adolescent des leçons qu'elle conserve dans son cœur (JPII-24)


En tant qu'Avocate, elle nous aide dans nos besoins et intercède pour nous auprès de son Fils en lui disant, comme elle le fit à Cana de Galilée, "Ils n'ont pas de vin", confiante dans le fait que son cœur plein de bonté ne nous abandonnera pas dans un moment de difficulté (BXVI-26)


Le récit évangélique des noces de Cana nous aide à contempler la profondeur de la foi de Marie. Face au manque de vin, Marie pourrait rechercher une solution humaine au problème qui s'est posé, mais elle n'hésite pas à s'adresser immédiatement à Jésus: "Ils n'ont pas de vin" (Jn 2, 3). Elle sait que Jésus n'a pas de vin à sa disposition ; elle demande donc vraisemblablement un miracle (JPII-33)


Aujourd'hui, en la solennité de l'Assomption, nous contemplons le mystère du passage de Marie de ce monde au Paradis : nous célébrons, pourrions-nous dire, sa pâque... ; une occasion utile pour méditer sur le sens véritable et sur la valeur de l'existence humaine dans la perspective de l'éternité (BXVI-48)


Par sa médiation subordonnée à celle du Rédempteur, Marie contribue d'une manière spéciale à l'union de l'Eglise en pèlerinage sur la terre avec la réalité eschatologique et céleste de la communion des saints, puisqu'elle a déjà été "élevée au ciel" (JPII-59)


Marie a été élevée au ciel corps et âme : même pour le corps, il y a une place en Dieu. Le ciel n'est plus pour nous un domaine très éloigné et inconnu... Dans le ciel, nous avons une Mère. Le ciel s'est ouvert, le ciel a un cœur (BXVI-49)


Par le mystère de l'Assomption au ciel se sont réalisés définitivement en Marie tous les effets de l'unique médiation du Christ, Rédempteur du monde et Seigneur ressuscité... ; elle a aussi ce rôle, propre à la Mère, de médiatrice de la clémence lors de la venue définitive, lorsque tous ceux qui sont au Christ revivront et que "le dernier ennemi détruit sera la Mort" (JPII-60)


Quel qu'ait été le fait organique et biologique qui causa, sous l'aspect physique, la cessation de la vie du corps, on peut dire que le passage de cette vie à l'autre vie fut pour Marie une maturation de la grâce dans la glorie, de sorte que, jamais comme en ce cas, la mort n'a pu être conçue comme une "dormition" (JPII-61)


À cette gloire qui, par l'Ascension, place le Christ à la droite du Père, elle sera elle-même associée par l'Assomption, anticipant, par un privilège très spécial, la destinée réservée à tous les justes par la résurrection de la chair. Enfin, couronnée de gloire – comme on le voit dans le dernier mystère glorieux –, elle brille comme Reine des Anges et des Saints, anticipation et sommet de la condition eschatologique de l'Église (JPII-62)


Saint Joseph

"A son réveil, Joseph fit ce que l'Ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse" (Mt 1, 24). Il la prit avec tout le mystère de sa maternité, il la prit avec le Fils qui devait venir au monde par le fait de l'Esprit Saint : il manifesta ainsi une disponibilité de volonté semblable à celle de Marie à l'égard de ce que Dieu lui demandait par son messager (JPII-4)


En synthèse, on peut définir Joseph, comme un authentique homme de foi, comme Marie, son épouse. La foi alliée à la justice et à la prière, telle est l'attitude adéquate pour rencontrer l'Emmanuel, le Dieu-avec-nous. Croire, en effet, signifie vivre dans l'histoire ouverts à l'initiative de Dieu, à la force créatrice de sa parole, qui dans le Christ s'est fait chair (JPII-14)


L'Evangile d'aujourd'hui nous rappelle la fuite de la Sainte Famille en Egypte, où elle est venue chercher refuge. "L'ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : 'Lève-toi ; prends l'enfant et sa mère, et fuis en Egypte. Reste là-bas jusqu'à ce que je t'avertisse, car Hérode va rechercher l'enfant pour le faire périr'" (JPII-19)


"D'Égypte j'ai appelé mon fils." La route du retour de Jésus de Bethléem à Nazareth passa donc par l'Égypte. De même qu'Israël avait, "de l'état d'esclavage", pris le chemin de l'exode pour commencer l'Ancienne Alliance, de même Joseph, dépositaire et coopérateur du mystère providentiel de Dieu, veille aussi en exil sur celui qui réalise la Nouvelle Alliance (JPII-20)


Les évangélistes le décrivent... comme le gardien plein de sollicitude de Jésus, époux attentif et fidèle, qui exerce l'autorité familiale dans une attitude constante de service. Les Ecritures Saintes ne nous racontent rien d'autre à son propos, mais dans ce silence est contenu le style même de sa mission : une existence vécue dans la grisaille de la vie quotidienne, mais avec une foi assurée dans la Providence (JPII-22)


Pour que le goût du travail permette effectivement à l'homme de devenir plus homme, il faut qu'il soit toujours accompagné par l'ordre social du travail. Ce n'est qu'à ces conditions que sont sauvegardées la dignité inaliénable de la personne et la valeur humaine et sociale de l'activité du travail. Confions à la protection attentive de saint Joseph travailleur ceux qui, partout dans le monde, appartiennent à la grande famille du travail (JPII-53)


Elisabeth et Zacharie

Lorsque, au moment de la Visitation, (Marie) porte en son sein le Verbe fait chair, elle devient, en quelque sorte, un "tabernacle" (...) dans lequel le Fils de Dieu, encore invisible aux yeux des hommes, se présente à l'adoration d'Elisabeth, "irradiant" quasi sa lumière à travers les yeux et la voix de Marie (JPII-5)


(Marie est) une femme de foi : "Heureuse celle qui a cru", lui dit Élisabeth (Lc 1, 45) (BXVI-4)


"Bienheureuse celle qui a cru" (Lc 1, 45). Ces paroles, prononcées par Elisabeth, soulignent le contraste entre l'incrédulité de Zacharie et la foi de Marie. Recevant le message de la future naissance de son fils, Zacharie avait eu du mal à y croire, jugeant la chose irréalisable, car sa femme et lui étaient d'un âge avancé (JPII-8)


Réjouis-toi, sois contente. C'est la première parole qui retentit dans le Nouveau Testament comme tel, car l'annonce faite par l'ange à Zacharie à propos de la naissance de Jean Baptiste est une parole qui retentit encore sur le seuil entre les deux Testaments. Ce n'est qu'avec ce dialogue de l'Ange Gabriel avec Marie, que commence réellement le nouveau Testament (BXVI-8)


Le Nouveau Testament compte, lui aussi, d'éloquentes figures de vieillards. L'Evangile de Luc s'ouvre par la présentation de deux époux "avancés en âge" (1, 7), Elisabeth et Zacharie, les parents de Jean-Baptiste... Voilà un admirable couple de vieillards, envahi par un profond esprit de prière (JPII-9)


Zacharie, père de Jean-Baptiste, était devenu muet car il n'avait pas cru l'ange, mais ensuite, le pardonnant, Dieu lui avait accordé le don de prophétiser dans le chant du Benedictus (BXVI-7)


"Jean est son nom". Zacharie confirme aux parents émerveillés le nom de leur fils, en l'écrivant sur une tablette. Dieu lui-même, par l'intermédiaire de son ange, avait indiqué ce nom, qui en hébreux signifie "Dieu est favorable" (JPII-10)


(Benedictus) ...le cantique entonné par le père de Jean-Baptiste, Zacharie, alors que la naissance de ce fils avait changé sa vie, effaçant le doute qui l'avait rendu muet, une punition significative pour son manque de foi et de louange. Maintenant, au contraire, Zacharie peut célébrer Dieu qui sauve, et il le fait par cette hymne que nous rapporte l'évangéliste Luc (JPII-11)


Jean-Baptiste

Dieu est favorable à l'homme : il veut qu'il vive, il veut son salut. Dieu est favorable à son peuple : il veut en faire une bénédiction pour toutes les nations de la terre. Dieu est favorable à l'humanité : il en guide le chemin vers la terre où règnent la paix et la justice. Tout cela est inscrit dans ce nom : Jean ! (JPII-10)


Jean, appelé le "Baptiste", c'est-à-dire "celui qui baptise", prêchait ce baptême à Israël pour préparer la venue imminente du Messie ; et il disait à tous qu'après lui serait venu un autre, plus grand que lui, qui aurait baptisé non pas avec l'eau, mais avec l'Esprit Saint (cf. Mc 1, 7-8). Et voici que lorsque Jésus fut baptisé dans le Jourdain, l'Esprit Saint descendit, se posa sur Lui sous l'apparence physique d'une colombe, et Jean le Baptiste reconnut qu'Il était le Christ, l'"Agneau de Dieu" venu ôter le péché du monde (BXVI-20)


Revenons en esprit sur les rives du Jourdain, où Jean-Baptiste administre un baptême de pénitence, en exhortant à la conversion. Jésus se présente lui aussi au Précurseur, transformant par sa présence ce geste de pénitence en une manifestation solennelle de sa divinité. A l'improviste, une voix retentit du ciel : Tu es mon Fils bien-aimé, tu as toute ma faveur (Mc 1, 11), et l'Esprit descend sur Jésus sous la forme d'une colombe (JPII-26)


Les bergers

La lumière du Rédempteur se manifeste ensuite aux bergers de Bethléem qui, avertis par l'ange, accourent immédiatement à la grotte et y trouvent le "signe" qui leur avait été annoncé : un enfant enveloppé de langes et couché dans une mangeoire. Les bergers, avec Marie et Joseph, représentent ce "reste d'Israël", les pauvres, les anawim, auxquels est annoncée la Bonne Nouvelle (BXVI-15)


La tendresse désarmante de l'Enfant, la pauvreté surprenante dans laquelle Il se trouve, l'humble simplicité de Marie et Joseph, transforment la vie des pasteurs : ils deviennent ainsi des messagers de salut, des évangélistes ante litteram. Saint Luc écrit : "Puis les bergers s'en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu'ils avaient entendu et vu, suivant ce qui leur avait été annoncé" (JPII-25)


Syméon et Anne

La présentation au temple, tout en exprimant la joie de la consécration et en plongeant le vieillard Syméon dans l'extase, souligne aussi la prophétie du "signe en butte à la contradiction" que sera l'Enfant pour Israël et de l'épée qui transpercera l'âme de sa Mère (JPII-15)


Syméon et Anne, inspirés par Dieu, reconnaissent dans cet Enfant le Messie tant attendu et ils prophétisent à son sujet. Nous sommes en présence d'un mystère, à la fois simple et solennel, dans lequel la sainte Eglise célèbre le Christ, le Consacré du Père, premier-né de la nouvelle humanité (BXVI-13)


Les paroles qui, au cours de cette rencontre, viennent aux lèvres du vieux Syméon - "mes yeux ont vu ton salut" - trouve un écho dans l'âme de la prophétesse Anne. Ces personnes justes et pieuses, baignées par la lumière du Christ, peuvent contempler dans l'Enfant Jésus "la consolation d'Israël". Leur attente se transforme ainsi en lumière qui éclaire l'histoire (BXVI-14)


Les Rois Mages

L'éclat du Christ parvient enfin jusqu'aux Rois mages, qui constituent les prémices des peuples païens. Les palais du pouvoir de Jérusalem restent dans l'ombre et la nouvelle de la naissance du Messie y est annoncée paradoxalement par les Rois mages (BXVI-15)


Nous devons aujourd'hui faire nôtres les sentiments de joie éprouvés par les Mages dans leur marche vers le Christ... Nous devons surtout les imiter alors qu'ils déposent aux pieds de l'Enfant divin non seulement leurs dons, mais leur vie (JPII-17)


Des milliers de jeunes sont sur le point de partir, ou sont déjà en route, vers Cologne pour la XX Journée mondiale de la Jeunesse qui, comme vous le savez, a pour thème : "Nous sommes venus l'adorer". On peut dire que toute l'Eglise est spirituellement mobilisée pour vivre cet événement extraordinaire, en se tournant vers les Mages comme vers des modèles particuliers de chercheurs du Christ, devant lequel s'agenouiller en adoration (BXVI-16)


Apôtres

Les Mages adorèrent l'enfant de Bethléem, reconnaissant en Lui le Messie promis, le Fils unique du Père... Une expérience semblable, dans un certain sens, a été faite par les disciples Pierre, Jacques et Jean..., auxquels Jésus, sur le Mont Thabor, révéla sa gloire divine, en annonçant la victoire définitive sur la mort (BXVI-19)


Pour servir la vocation sacerdotale et son itinéraire, c'est-à-dire la naissance, le discernement et l'accompagnement de la vocation, l'Église peut trouver un exemple dans André, l'un des deux premiers disciples qui se mirent à la suite de Jésus. C'est lui-même qui se mit à raconter à son frère ce qui lui était arrivé : "Nous avons trouvé le Messie (c'est-à-dire le Christ)". Et la narration de cette "découverte" ouvre la voie à la rencontre : "Et il le conduisit à Jésus" (JPII-28)


Jésus a depuis peu commencé sa prédication du Règne de Dieu, lorsque son regard se pose sur deux paires de frères : Simon et André, et Jacques et Jean. Ce sont des pêcheurs, occupés à leur travail quotidien. Ils jettent les filets, les préparent. Mais une autre pêche les attend. Jésus les appelle avec décision et ils le suivent aussitôt : désormais, ils seront "pêcheurs d'hommes" (BXVI-22)


C'est là, avec le quærere Deum, un thème classique de la spiritualité chrétienne illustré de manière exemplaire par la vocation des Apôtres. En racontant comment les deux premiers disciples ont suivi Jésus, Jean met en lumière la place occupée par cette "recherche". C'est Jésus lui-même qui pose la question : "Que cherchez-vous ?" Et tous deux répondent : "Maître, où demeures-tu ?" L'évangéliste poursuit : "Il leur dit : 'Venez et voyez'. Ils vinrent donc et virent où il demeurait, et ils demeurèrent auprès de lui ce jour-là" (JPII-29)


Ils voient où il demeure et commencent à le connaître. En effet, ils ne devront pas être les annonciateurs d'une idée, mais les témoins d'une personne. Avant d'être envoyés évangéliser, ils devront "demeurer" avec Jésus, établissant avec lui une relation personnelle. Sur cette base, l'évangélisation ne sera autre qu'une annonce de ce qu'ils ont vécu et une invitation à entrer dans le mystère de la communion avec le Christ (BXVI-23)


Quand Jésus voulut faire participer les Douze à sa mission messianique, l’Évangile de Marc nous dit qu’il les appela et les institua "pour qu’ils soient avec lui". Au cours de la dernière Cène, il s’adressa à eux comme à ceux qui avaient persévéré avec lui dans l’épreuve, et il les recommanda au Père et demanda pour eux l’unité (JPII-30)


Jésus appela les Apôtres pour être ses compagnons et pour les envoyer prêcher. Cela semble presque une contradiction. Nous, nous dirions : ou ils sont avec lui, ou alors ils sont envoyés et se mettent en marche. Le saint Pape Grégoire le Grand prononça une phrase sur les anges qui nous aide à résoudre cette contradiction. Il dit que les anges sont toujours envoyés et, dans le même temps, sont toujours devant Dieu (BXVI-24)


Il appela des hommes et des femmes à le suivre, et parmi les disciples il en choisit douze, pour qu'ils "soient avec lui". L'Évangile selon saint Luc précise que Jésus fit ce choix après une nuit passée en prière sur la montagne (JPII-31)


Sur le lieu de la révélation, "la montagne", Jésus, à travers une initiative qui manifeste une conscience et une détermination absolues, constitue les Douze afin qu'ils soient avec lui les témoins et les annonciateurs de l'avènement du Règne de Dieu (BXVI-25)


"Et il fut transfiguré devant eux: son visage devint brillant comme le soleil". L'épisode évangélique de la transfiguration du Christ, dans lequel les trois Apôtres Pierre, Jacques et Jean apparaissent comme ravis par la beauté du Rédempteur, peut être considéré comme icône de la contemplation chrétienne (JPII-35)


Tandis qu'ils se tenaient, stupéfaits, aux côtés du Seigneur transfiguré qui s'entretenait avec Moïse et Elie, Pierre, Jacques et Jean furent soudain enveloppés d'une nuée, dont sortit une voix qui proclama : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé; écoutez-le" (BXVI-27)


L'Apôtre Pierre demande au Seigneur quelle récompense ils recevront, eux qui sont ses disciples et qui ont en revanche tout quitté pour être avec Lui. La réponse du Christ révèle l'immense largesse de son cœur : aux Douze, il promet qu'ils participeront à son autorité sur le nouvel Israël ; à tous, ensuite, il assure que "quiconque aura laissé" les biens terrestres à cause de son nom, "recevra bien davantage et aura en héritage la vie éternelle" (BXVI-33)


Jésus prie de façon particulière pour Pierre : "... afin que ta foi ne défaille pas". Cette prière de Jésus est à la fois une promesse et un devoir. La prière de Jésus protège la foi de Pierre ; cette foi qu'il a confessée à Césarée de Philippe : "Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant" (BXVI-46)


"Toi donc, quand tu seras revenu" - le Seigneur, qui prédit sa chute, lui promet également la conversion : "Le Seigneur, se retournant, fixa son regard sur Pierre..." Le regard de Jésus réalise la transformation et devient le salut de Pierre : Lui, "sortant dehors [...] pleura amèrement". Nous voulons implorer toujours à nouveau ce regard sauveur de Jésus... (BXVI-47)


Le jour de la Pentecôte, l'Esprit Saint descendit avec puissance sur les Apôtres ; ainsi commença la mission de l'Eglise dans le monde. Jésus avait lui-même préparé les Onze à cette mission en leur apparaissant plusieurs fois après sa résurrection. Avant son ascension au Ciel..., il leur demanda en fait de demeurer ensemble pour se préparer à recevoir le don de l'Esprit Saint (BXVI-57)


La bonne annonce de l'Evangile consiste précisément en cela : dans l'offrande de la grâce de Dieu au pécheur ! ...Dans la figure de Matthieu, les Evangiles nous proposent donc un véritable paradoxe : celui qui est apparemment le plus éloigné de la sainteté peut même devenir un modèle d'accueil de la miséricorde de Dieu et en laisser entrevoir les merveilleux effets dans sa propre existence (BXVI-60)


A un autre moment, très important pour l'histoire future, avant la Passion, plusieurs grecs qui se trouvaient à Jérusalem pour la Pâque "abordèrent Philippe... Ils lui firent cette demande : 'Nous voudrions voir Jésus'. Philippe va le dire à André ; et tous deux vont le dire à Jésus"... C'est à lui que nous devons adresser quiconque se trouve dans le besoin. Voilà : chacun de nous doit être une route ouverte vers lui ! (BXVI-61)

Rencontres

Jeune homme riche

C'est en fonction de cette prise de conscience d'insuffisance que Jésus s'adresse à lui dans sa dernière réponse : en saisissant la nostalgie d'une plénitude qui dépasse l'interprétation légaliste des commandements, le bon Maître invite le jeune homme à entrer dans le chemin de la perfection : "Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens, suis-moi" (JPII-43)


Ce thème de "quitter" pour "trouver" est au centre du passage évangélique que venons d'écouter, tiré du chapitre 19 de saint Matthieu. Après l'épisode du "jeune homme riche", qui n'avait pas eu le courage de se détacher de ses "grands biens" pour suivre Jésus, l'Apôtre Pierre demande au Seigneur quelle récompense ils recevront, eux qui sont ses disciples et qui ont en revanche tout quitté pour être avec Lui (BXVI-33)


Nicodème

La réflexion de Paul se rattache à la doctrine transmise par l'Evangile de Jean, et plus particulièrement au dialogue de Jésus avec Nicodème : "A moins de naître d'eau et d'Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l'Esprit est Esprit" (JPII-44)


L'Evangile nous présente un personnage du nom de Nicodème, membre du Sanhédrin de Jérusalem, qui va chercher Jésus la nuit. Il s'agit d'un honnête homme, attiré par les paroles et par l'exemple du Seigneur, mais qui a peur des autres, qui hésite à franchir le pas de la foi (BXVI-34)


Membre estimé du Sanhédrin, Nicodème est un homme âgé. Il se rend de nuit chez Jésus pour ne pas attirer l'attention. Le divin Maître lui révèle qu'Il est le Fils de Dieu, venu pour sauver le monde. Nous retrouverons Nicodème au moment de l'ensevelissement du Christ, lorsque, apportant un mélange de myrrhe et d'aloès, il triomphera de la peur et s'affirmera comme disciple du Crucifié (JPII-45)


A Nicodème qui, dans sa recherche de la vérité, vient une nuit poser des questions à Jésus, celui-ci répond : "L'Esprit souffle où il veut". Mais la volonté de l'Esprit n'est pas arbitraire. C'est la volonté de la vérité et du bien. C'est pourquoi il ne souffle pas n'importe où, se tournant une fois de ce côté-ci, et une autre de ce côté-là ; son souffle ne nous disperse pas mais nous réunit, parce que la vérité unit et l'amour unit (BXVI-35)


La samaritaine

Lorsqu'il croise la vie d'une personne, Jésus touche sa conscience, lit dans son cœur, comme cela a lieu avec la Samaritaine, à laquelle il dit "tout ce qu'elle a fait" (JPII-46)


Dans le dialogue avec la Samaritaine, Jésus préannonce ce don divin : "Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire, c'est toi qui l'aurais prié et il t'aurait donné de l'eau vive [...] Quiconque boit de cette eau aura soif à nouveau ; mais qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif ; l'eau que je lui donnerai deviendra en lui source d'eau jaillissant en vie éternelle" (JPII-47)


"En réalité, tu as eu cinq maris et l'homme que tu as maintenant n'est pas ton mari". Et elle, comprenant qu'il connaissait les secrets de sa vie, reconnaît en lui le Messie et court l'annoncer à ses compatriotes. Le dialogue qui précède cette reconnaissance est un des plus beaux de l'Evangile (JPII-49)


Zachée

En particulier, il fait jaillir le repentir et l'amour, comme cela a lieu pour Zachée, qui donne la moitié de ses biens aux pauvres et restitue le quadruple de ce qu'il a extorqué (JPII-46)


Jésus avait remarqué le geste de Zachée : il interpréta son désir et anticipa l'invitation. D'aucuns furent même stupéfaits du fait que Jésus aille trouver un pécheur. Zachée, heureux de la visite "reçut Jésus plein de joie", c'est-à-dire qu'il ouvrit généreusement la porte de sa maison et de son cœur à la rencontre avec le Sauveur (JPII-48)


La femme adultère

Lorsqu'il croise la vie d'une personne, Jésus touche sa conscience... C'est ce qui arrive également à la pécheresse repentie à laquelle sont pardonnés ses péchés "parce qu'elle a montré beaucoup d'amour" et à la femme adultère qui n'est pas jugée, mais invitée à conduire une existence loin du péché (cf. Jn 8, 11). La rencontre avec Jésus est semblable à une régénération (JPII-46)


Enfin, voici le cas peut-être le plus éloquent : on amène à Jésus une femme surprise en adultère... "Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, désormais, ne pèche plus"... Le Christ est celui qui "sait ce qu'il y a dans l'homme", dans l'homme et la femme. Il connaît la dignité de l'homme, sa valeur aux yeux de Dieu (JPII-50)


Autres rencontres

A un autre moment, très important pour l'histoire future, avant la Passion, plusieurs grecs qui se trouvaient à Jérusalem pour la Pâque "abordèrent Philippe... Ils lui firent cette demande : 'Nous voudrions voir Jésus'. Philippe va le dire à André ; et tous deux vont le dire à Jésus" (BXVI-61)

PASSION-MORT

Entrée à Jérusalem

Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur. C'est avec ces paroles que la population de Jérusalem accueillit Jésus lors de son entrée dans la ville sainte, l'acclamant comme le roi d'Israël. Cependant, quelques jours plus tard, la même foule le repoussera avec des cris hostiles : Crucifie-le! Crucifie-le ! La liturgie du Dimanche des Rameaux nous fait revivre ces deux moments de la dernière semaine de la vie terrestre de Jésus (JPII-51)


Il n'arrive pas sur un magnifique char royal, ni à cheval comme les grands de ce monde, mais sur un âne emprunté. Jean nous raconte que, dans un premier temps, les disciples ne le comprirent pas. Ce n'est qu'après Pâques qu'ils s'aperçurent que Jésus, agissant ainsi, accomplissait l'annonce des prophètes, que son action dérivait de la Parole de Dieu et la menait à bien (BXVI-38)


Dans l'atmosphère de joie, voilée de tristesse, qui caractérise le Dimanche des Rameaux, nous célébrons la dix-neuvième Journée mondiale de la Jeunesse. Cette année, elle a pour thème : Nous voulons voir Jésus, qui fut la requête que quelques Grecs, venus à Jérusalem pour la fête de Pâques, adressèrent aux Apôtres (JPII-52)


Mais nous n'avons pas encore expliqué entièrement le message de ce signe du pain. Son mystère le plus profond, le Seigneur l'a évoqué au cours du Dimanche des Rameaux, lorsqu'on lui présenta la requête de certains Grecs de pouvoir le rencontrer. Dans sa réponse à cette question, se trouve la phrase : "En vérité, en vérité je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit". Dans le pain fait de grains moulus, se cache le mystère de la Passion (BXVI-40)


Ils se rappelèrent, dit Jean, que dans le prophète Zacharie, on lit : "Sois sans crainte, fille de Sion: voici que ton roi vient, monté sur un petit d'ânesse". Pour comprendre la signification de la prophétie et, ainsi, de l'action même de Jésus, nous devons écouter le texte tout entier de Zacharie, qui continue ainsi : "Il retranchera d'Ephraïm la charrerie et de Jérusalem les chevaux ; l'arc de guerre sera retranché. Il annoncera la paix aux nations. Son empire ira de la mer à la mer et du Fleuve aux extrémités de la terre". A travers ces paroles, le prophète fait trois affirmations sur le roi à venir... (BXVI-41)


Gethsémani

Il a à peine douze ans, et il possède déjà une conscience lucide de la signification de sa vie, du sens de sa mission, toute consacrée de la première à la dernière heure "à la maison de son Père". Cette conscience atteint son sommet... dans le sacrifice de la Croix, accepté par le Christ en esprit d'obéissance et de dévouement filial : "Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux. [...] Que ta volonté soit faite !" (JPII-23)


Il a pu participer, avec Pierre et Jean, au moment de l'agonie de Jésus dans le jardin du Gethsémani, et à l'événement de la Transfiguration de Jésus. Il s'agit donc de situations très différentes l'une de l'autre : dans un cas, Jacques avec les deux Apôtres fait l'expérience de la gloire du Seigneur (...) ; dans l'autre, il se trouve face à la souffrance et à l'humiliation... La deuxième expérience constitua certainement pour lui l'occasion d'une maturation dans la foi, pour corriger l'interprétation unilatérale, triomphaliste de la première (BXVI-39)


L'Evangile de Marc nous a conservé le terme araméen de "Abba" avec lequel Jésus, à l'heure douloureuse du Gethsémani, a invoqué le Père, le priant d'éloigner de lui la coupe de la passion (JPII-54)


"Demeurez ici et veillez avec moi", mais les disciples s'endormirent. (...) Et nous voyons que nous aussi, disciples d'aujourd'hui, nous dormons souvent. Ce fut pour Jésus l'heure de l'abandon et de la solitude, qui fut suivie, dans le cœur de la nuit, par l'arrestation et le début du chemin douloureux vers le Calvaire (BXVI-42)


Reniements de Pierre

Grâce à l'humiliation du reniement et aux larmes abondantes qui le purifièrent intérieurement, Simon devint Pierre, c'est-à-dire le "roc" : affermi par la force de l'Esprit, il déclara par trois fois son amour à Jésus, recevant le mandat d'en paître le troupeau (JPII-57)


"Toi donc, quand tu seras revenu" - le Seigneur, qui prédit sa chute, lui promet également la conversion : "Le Seigneur, se retournant, fixa son regard sur Pierre..." Le regard de Jésus réalise la transformation et devient le salut de Pierre : Lui, "sortant dehors [...] pleura amèrement". Nous voulons implorer toujours à nouveau ce regard sauveur de Jésus... (BXVI-47)


Ici [au Cénacle], non seulement s'est consommée la trahison de Judas, mais Pierre lui-même a dû prendre conscience de sa faiblesse en recevant l'amère prophétie du reniement. Certes, en choisissant des hommes comme les Douze, le Christ ne se faisait pas d'illusion : c'est sur cette faiblesse humaine qu'il posa le sceau sacramentel de sa présence (JPII-58)

Enseignements

Sermon sur la montagne

Combien de générations avant nous se sont profondément émues en entendant le Discours sur la montagne ! Combien de jeunes, au cours des siècles, se sont réunis autour de Jésus pour apprendre les paroles de vie éternelle, précisément comme vous êtes réunis aujourd'hui ici ! (...) Il y a précisément un mois, j'ai eu la grâce de me rendre là, où Dieu parla à Moïse et lui donna la Loi écrite "du doigt de Dieu" sur des tables de pierre. Ces deux monts, le Mont Sinaï et le Mont des Béatitudes, nous offrent la carte de notre vie chrétienne et une synthèse de nos responsabilités envers Dieu et le prochain (JPII-38)


Béatitudes

Celles-ci sont, avant tout, des promesses, dont découlent aussi, de manière indirecte, des indications normatives pour la vie morale. Dans leur profondeur originelle, elles sont une sorte d'autoportrait du Christ et, précisément pour cela, elles sont des invitations à le suivre et à vivre en communion avec lui (JPII-36)


Le 18 novembre 1965, les Pères approuvèrent un Décret spécifique sur l'apostolat des laïcs, Apostolicam actuositatem. Celui-ci souligne avant tout que "la fécondité de l'apostolat des laïcs dépend de leur union vitale avec le Christ" (ibid., n. 4), c'est-à-dire d'une spiritualité robuste, nourrie par la participation active à la Liturgie et exprimée dans le style des Béatitudes évangéliques (BXVI-28)


Chaque chrétien est appelé à la sainteté, c'est-à-dire à vivre les Béatitudes. L'Eglise indique ces frères et sœurs qui se sont distingués par leurs vertus et qui ont été des instruments de la grâce divine, comme des exemples pour chacun. Aujourd'hui [Solennité de Tous les Saints], nous les célébrons tous ensemble, car, grâce à leur aide, nous pouvons croître dans l'amour de Dieu et être "sel de la terre et lumière du monde" (JPII-37)


Les anciennes prophéties concernant la ville sainte de Jérusalem..., se sont réalisées dans l'Eglise : "Debout, Jérusalem ! Resplendis (...) Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore et la gloire du Seigneur s'est levée sur toi" (Is 60, 1-3). C'est ce que devront réaliser les disciples du Christ : formés par Lui pour vivre dans le style des Béatitudes, ils devront attirer tous les hommes à Dieu, à travers le témoignage de l'amour (BXVI-29)


Notre Père

L'Évangile rapporte que les Apôtres, frappés par le recueillement du Maître s'entretenant avec son Père, lui demandèrent : "Seigneur, apprends-nous à prier". Alors, pour la première fois, il prononça les paroles qui devaient devenir par la suite la prière principale, et la plus fréquente, de l'Église et de tous les chrétiens, le "Notre Père" (JPII-39)


Nous voyons dans le "Notre Père" comment les trois premières questions se réfèrent précisément à ce primat de Dieu : que le nom de Dieu soit sanctifié, que le respect du mystère divin soit vivant et anime toute notre vie ; que "vienne le royaume de Dieu" et "que soit faite sa volonté" sont deux aspects différents de la même médaille ; là où est accomplie la volonté de Dieu le ciel est déjà présent, sur la terre commence aussi un peu du ciel... (BXVI-30)


Pendant toute sa vie, Jésus a proclamé le pardon de Dieu, mais il y a ajouté l'exigence du pardon mutuel comme condition pour l'obtenir. Dans le "Notre Père", il nous fait prier ainsi : "Remets-nous nos dettes comme nous-mêmes avons remis à nos débiteurs". Par ce "comme", il met entre nos mains la mesure selon laquelle nous serons jugés par Dieu (JPII-40)


La création est un don de Dieu confié à la créature humaine afin que, en la cultivant et en la conservant avec soin, celle-ci puisse pourvoir à ses nécessités. C'est du travail que provient le "pain quotidien", que nous invoquons dans la prière du Notre Père (JPII-53)


Paraboles

Il (l'enfant prodigue) se mesure lui-même à la mesure des biens qu'il a perdus, qu'il ne "possède" plus, tandis que les salariés dans la maison de son père, eux, les "possèdent". Ces paroles expriment surtout son attitude envers les biens matériels. Néammoins, sous la surface des paroles, se cache le drame de la dignité perdue, la conscience du caractère filial gâché (JPII-41)


Quand Jésus, dans ses paraboles, parle du pasteur qui va à la recherche de la brebis perdue, de la femme qui cherche la drachme, du père qui va au devant du fils prodigue et qui l’embrasse, il ne s’agit pas là seulement de paroles, mais de l’explication de son être même et de son agir (BXVI-31)


Dans le même chapitre XV de l'Evangile selon saint Luc, nous lisons la parabole de la brebis perdue, puis celle de la drachme retrouvée. Chaque fois y est mise en relief la même joie que dans le cas de l'enfant prodigue. La fidélité du père à soi-même est totalement centrée sur l'humanité du fils perdu, sur sa dignité. Ainsi s'explique surtout sa joyeuse émotion au moment du retour à la maison (JPII-42)


La parabole de la brebis perdue que le berger cherche dans le désert était pour les Pères de l’Église une image du mystère du Christ et de l’Église. L’humanité – nous tous – est la brebis perdue qui, dans le désert, ne trouve plus son chemin. Le Fils de Dieu ne peut pas admettre cela ; il ne peut pas abandonner l’humanité à une telle condition misérable. Il se met debout, il abandonne la gloire du ciel, pour retrouver la brebis et pour la suivre, jusque sur la croix (BXVI-32)


L'image de Dieu est si profondément ancrée dans l'âme de l'homme que la voix de la conscience peut difficilement être totalement réduite au silence. A travers la parabole du semeur, Jésus, dans l'Evangile, nous rappelle qu'il existe toujours un terrain fertile dans lequel la semence s'enracine, germe et porte du fruit (BXVI-36)


Dans la parabole sur l'administrateur injuste apparaît l'expression selon laquelle nous devons faire le bien avec l'"argent injuste". De là naît la question : l'argent, la richesse, sont-ils eux-mêmes injustes, ou que veut dire le Seigneur ? Clément d'Alexandrie explique très bien ce mot dans son homélie : "Quel riche se sauvera ?" et dit : Jésus "déclare injuste par nature toute possession que quelqu'un possède pour lui-même comme un bien propre et qu'il ne met pas en commun pour ceux qui en ont besoin... (BXVI-37)


La bonne annonce de l'Evangile consiste précisément en cela : dans l'offrande de la grâce de Dieu au pécheur ! Ailleurs, dans la célèbre parabole du pharisien et du publicain montés au Temple pour prier, Jésus indique même un publicain anonyme comme exemple appréciable d'humble confiance dans la miséricorde divine (BXVI-60)

VIE PUBLIQUE

Baptême

Revenons en esprit sur les rives du Jourdain, où Jean-Baptiste administre un baptême de pénitence, en exhortant à la conversion. Jésus se présente lui aussi au Précurseur, transformant par sa présence ce geste de pénitence en une manifestation solennelle de sa divinité. A l'improviste, une voix retentit du ciel : Tu es mon Fils bien-aimé, tu as toute ma faveur (Mc 1, 11), et l'Esprit descend sur Jésus sous la forme d'une colombe (JPII-26)


Et voici que lorsque Jésus fut baptisé dans le Jourdain, l'Esprit Saint descendit, se posa sur Lui sous l'apparence physique d'une colombe, et Jean le Baptiste reconnut qu'Il était le Christ, l'"Agneau de Dieu" venu ôter le péché du monde. C'est pourquoi le Baptême au Jourdain est lui aussi une "épiphanie", une manifestation de l'identité messianique du Seigneur et de son œuvre rédemptrice qui culminera dans un autre "baptême", celui de sa mort et de sa résurrection, pour laquelle le monde entier sera purifié dans le feu de la divine miséricorde (BXVI-20)


Tentations au désert

Jésus, après avoir été baptisé dans le fleuve Jourdain, poussé par l'Esprit Saint... se retira pendant quarante jours dans le désert de Judée, où il surmonta les tentations de satan. En suivant leur Maître et Seigneur, les chrétiens eux aussi entrent spirituellement dans le désert du Carême pour affronter avec Lui "la lutte contre l'esprit du mal". L'image du désert est une métaphore très éloquente de la condition humaine (BXVI-21)


Le Seigneur Jésus lui-même, le Fils de Dieu, "éprouvé en tout, d'une manière semblable à nous, a l'exception du péché", voulut être tenté par le Mauvais, pour nous indiquer que, comme lui, les siens seraient eux aussi soumis à la tentation, et de même pour nous montrer comment il faut se comporter quand nous sommes tentés (JPII-27)


Premiers disciples

Jésus a depuis peu commencé sa prédication du Règne de Dieu, lorsque son regard se pose sur deux paires de frères : Simon et André, et Jacques et Jean. Ce sont des pêcheurs, occupés à leur travail quotidien. Ils jettent les filets, les préparent. Mais une autre pêche les attend. Jésus les appelle avec décision et ils le suivent aussitôt : désormais, ils seront "pêcheurs d'hommes" (BXVI-22)


Pour servir la vocation sacerdotale et son itinéraire, c'est-à-dire la naissance, le discernement et l'accompagnement de la vocation, l'Église peut trouver un exemple dans André, l'un des deux premiers disciples qui se mirent à la suite de Jésus. C'est lui-même qui se mit à raconter à son frère ce qui lui était arrivé : "Nous avons trouvé le Messie (c'est-à-dire le Christ)". Et la narration de cette "découverte" ouvre la voie à la rencontre : "Et il le conduisit à Jésus" (JPII-28)


Ils voient où il demeure et commencent à le connaître. En effet, ils ne devront pas être les annonciateurs d'une idée, mais les témoins d'une personne. Avant d'être envoyés évangéliser, ils devront "demeurer" avec Jésus, établissant avec lui une relation personnelle. Sur cette base, l'évangélisation ne sera autre qu'une annonce de ce qu'ils ont vécu et une invitation à entrer dans le mystère de la communion avec le Christ (BXVI-23)


C'est là, avec le quærere Deum, un thème classique de la spiritualité chrétienne illustré de manière exemplaire par la vocation des Apôtres. En racontant comment les deux premiers disciples ont suivi Jésus, Jean met en lumière la place occupée par cette "recherche". C'est Jésus lui-même qui pose la question : "Que cherchez-vous ?" Et tous deux répondent : "Maître, où demeures-tu ?" L'évangéliste poursuit : "Il leur dit : 'Venez et voyez'. Ils vinrent donc et virent où il demeurait, et ils demeurèrent auprès de lui ce jour-là" (JPII-29)


Choix des Apôtres

Le Seigneur a institué douze Apôtres, de même que les fils de Jacob étaient douze, en les désignant ainsi comme les chefs de file du peuple de Dieu qui, désormais devenu universel, comprend dès lors tous les peuples. Saint Marc nous dit que Jésus appela les Apôtres pour être ses compagnons et pour les envoyer prêcher (BXVI-24)


Quand Jésus voulut faire participer les Douze à sa mission messianique, l’Évangile de Marc nous dit qu’il les appela et les institua "pour qu’ils soient avec lui". Au cours de la dernière Cène, il s’adressa à eux comme à ceux qui avaient persévéré avec lui dans l’épreuve, et il les recommanda au Père et demanda pour eux l’unité (JPII-30)


Sur le lieu de la révélation, "la montagne", Jésus, à travers une initiative qui manifeste une conscience et une détermination absolues, constitue les Douze afin qu'ils soient avec lui les témoins et les annonciateurs de l'avènement du Règne de Dieu (BXVI-25)


Il appela des hommes et des femmes à le suivre, et parmi les disciples il en choisit douze, pour qu'ils "soient avec lui". L'Évangile selon saint Luc précise que Jésus fit ce choix après une nuit passée en prière sur la montagne (JPII-31)


Cana

En indiquant clairement "tout ce qu'il vous dira, faites-le", elle (Marie) nous invite à nous approcher du Christ et, dans cette proximité, à faire l'expérience, à éprouver et à voir "combien le Seigneur est bon". De cette expérience naît dans le cœur humain une plus grande clairvoyance pour apprécier ce qui est bon, beau et vrai (BXVI-26)


A Cana de Galilée, Jésus est comme le héraut de la vérité divine sur le mariage, de la vérité sur laquelle peut s'appuyer la famille humaine, y trouvant la force nécessaire face à toutes les épreuves de la vie. Jésus annonce cette vérité par sa présence aux noces de Cana et par l'accomplissement de son premier "signe" : l'eau changée en vin (JPII-32)


Le récit évangélique des noces de Cana nous aide à contempler la profondeur de la foi de Marie. Face au manque de vin, Marie pourrait rechercher une solution humaine au problème qui s'est posé, mais elle n'hésite pas à s'adresser immédiatement à Jésus: "Ils n'ont pas de vin" (Jn 2, 3). Elle sait que Jésus n'a pas de vin à sa disposition ; elle demande donc vraisemblablement un miracle (JPII-33)


Transfiguration

Ce mystère, que le Seigneur ordonna alors de garder secret, est devenu, après sa Résurrection, partie intégrante de la Bonne Nouvelle : Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, que nous contemplons aujourd'hui dans la lumière éblouissante de sa gloire. Deux mille ans après, l'Eglise répète avec la même vigueur que le Christ est la lumière du monde ! (JPII-34)


Les Mages adorèrent l'enfant de Bethléem, reconnaissant en Lui le Messie promis, le Fils unique du Père... Une expérience semblable, dans un certain sens, a été faite par les disciples Pierre, Jacques et Jean... auxquels Jésus, sur le Mont Thabor, révéla sa gloire divine, en annonçant la victoire définitive sur la mort (BXVI-19)


"Et il fut transfiguré devant eux: son visage devint brillant comme le soleil". L'épisode évangélique de la transfiguration du Christ, dans lequel les trois Apôtres Pierre, Jacques et Jean apparaissent comme ravis par la beauté du Rédempteur, peut être considéré comme icône de la contemplation chrétienne (JPII-35)


Lorsque l'on a la grâce de faire une profonde expérience de Dieu, c'est comme si l'on vivait quelque chose d'analogue à ce qui eut lieu pour les disciples au cours de la Transfiguration : pendant quelques instants, l'on a un avant-goût de ce qui constituera la béatitude du paradis. Il s'agit en général de brèves expériences, que Dieu concède parfois, en particulier en vue d'épreuves difficiles (BXVI-27)


Il a pu participer, avec Pierre et Jean, au moment de l'agonie de Jésus dans le jardin du Gethsémani, et à l'événement de la Transfiguration de Jésus. Il s'agit donc de situations très différentes l'une de l'autre : dans un cas, Jacques avec les deux Apôtres fait l'expérience de la gloire du Seigneur (...) ; dans l'autre, il se trouve face à la souffrance et à l'humiliation... La deuxième expérience constitua certainement pour lui l'occasion d'une maturation dans la foi, pour corriger l'interprétation unilatérale, triomphaliste de la première (BXVI-39)

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