22.05.2006

Jean-Paul II (26)


Homélie, Dimanche 12 janvier 2003, n. 1
Fête du Baptême du Seigneur


Cherchez Yahvé pendant qu'il se laisse trouver, invoquez-le pendant qu'il est proche (Is 55, 6). Ces paroles, tirées de la deuxième partie du Livre d'Isaïe, retentissent en ce dimanche qui conclut le temps de Noël. Elles constituent une invitation à approfondir la signification que possède pour nous la fête d'aujourd'hui du Baptême du Seigneur.

Revenons en esprit sur les rives du Jourdain, où Jean-Baptiste administre un baptême de pénitence, en exhortant à la conversion. Jésus se présente lui aussi au Précurseur, transformant par sa présence ce geste de pénitence en une manifestation solennelle de sa divinité. A l'improviste, une voix retentit du ciel : Tu es mon Fils bien-aimé, tu as toute ma faveur (Mc 1, 11), et l'Esprit descend sur Jésus sous la forme d'une colombe.

En cet événement extraordinaire, Jean voit se réaliser ce qui avait été prédit à propos du Messie, né à Bethléem, adoré par les pasteurs et par les Rois Mages. C'est précisément Lui qui a été annoncé par les prophètes, le Fils bien-aimé du Père, que nous devons chercher alors qu'il se laisse trouver, et que nous devons invoquer alors qu'il est proche de nous.

A travers le Baptême, chaque chrétien le rencontre de manière personnelle: il est inséré dans le mystère de sa mort et de sa résurrection, et il reçoit une vie nouvelle, qui est la vie même de Dieu. Quel grand don et quelle grande responsabilité !


21.05.2006

Benoît XVI (20)


Angelus, Dimanche 8 janvier 2006


En ce dimanche après la solennité de l'Epiphanie, nous célébrons la fête du Baptême du Seigneur, qui conclut le temps liturgique de Noël. Aujourd'hui, nous portons notre regard sur Jésus qui, à l'âge de trente ans environ, se fit baptiser par Jean dans le fleuve Jourdain. Il s'agissait d'un baptême de pénitence, qui utilisait le symbole de l'eau pour exprimer la purification du cœur et de la vie. Jean, appelé le "Baptiste", c'est-à-dire "celui qui baptise", prêchait ce baptême à Israël pour préparer la venue imminente du Messie ; et il disait à tous qu'après lui serait venu un autre, plus grand que lui, qui aurait baptisé non pas avec l'eau, mais avec l'Esprit Saint (cf. Mc 1, 7-8). Et voici que lorsque Jésus fut baptisé dans le Jourdain, l'Esprit Saint descendit, se posa sur Lui sous l'apparence physique d'une colombe, et Jean le Baptiste reconnut qu'Il était le Christ, l'"Agneau de Dieu" venu ôter le péché du monde (cf. Jn 1, 29). C'est pourquoi le Baptême au Jourdain est lui aussi une "épiphanie", une manifestation de l'identité messianique du Seigneur et de son œuvre rédemptrice qui culminera dans un autre "baptême", celui de sa mort et de sa résurrection, pour laquelle le monde entier sera purifié dans le feu de la divine miséricorde (cf. Lc 12, 49-50). (...)

Chers frères et sœurs, que la solennité d'aujourd'hui soit une occasion propice pour tous les chrétiens de redécouvrir avec joie la beauté de leur Baptême, qui, s'il est vécu avec foi, est une réalité toujours actuelle : il nous renouvelle continuellement, à l'image de l'homme nouveau, dans la sainteté des pensées et des actions. En outre, le Baptême unit les chrétiens de toute confession. En tant que baptisés, nous sommes tous fils de Dieu en Jésus Christ, notre Maître et Seigneur. Que la Vierge Marie nous obtienne de comprendre toujours plus la valeur de notre Baptême et d'en témoigner à travers une conduite de vie digne.


13.05.2006

Jean-Paul II (10)


Homélie, Dimanche 24 juin 2001, nn. 1 et 2
Solennité de la Nativité de saint Jean-Baptiste
à l'aéroport de Chayka (Ukraine)


"Yahvé m'a appelé dès le sein maternel, dès les entrailles de ma mère il a prononcé mon nom" (Is 49, 1). Nous célébrons aujourd'hui la naissance de saint Jean-Baptiste. Les paroles du prophète Isaïe s'adaptent bien à cette grande figure biblique qui se situe entre l'Ancien et le Nouveau Testament. Dans la longue file des prophètes et des justes d'Israël, Jean "le Baptiseur" a été placé par la Providence immédiatement avant le Messie, pour Lui préparer la voie à travers la prédication et le témoignage de vie. Parmi tous les saints et les saintes, Jean est le seul dont la liturgie célèbre la naissance. Nous avons entendu dans la première Lecture que le Seigneur a appelé son Serviteur "dès les entrailles de sa mère". Dans sa plénitude, cette affirmation se réfère au Christ, mais, par reflet, elle peut également s'appliquer à son Précurseur. Tous deux viennent à la lumière grâce à une intervention particulière de Dieu : le premier naît de la Vierge, le second d'une femme âgée et stérile. Dès le sein maternel Jean préannonce Celui qui révélera au monde l'initiative d'amour de Dieu.

(...) "Jean est son nom" (Lc 1, 63). Zacharie confirme aux parents émerveillés le nom de leur fils, en l'écrivant sur une tablette. Dieu lui-même, par l'intermédiaire de son ange, avait indiqué ce nom, qui en hébreux signifie "Dieu est favorable". Dieu est favorable à l'homme : il veut qu'il vive, il veut son salut. Dieu est favorable à son peuple : il veut en faire une bénédiction pour toutes les nations de la terre. Dieu est favorable à l'humanité : il en guide le chemin vers la terre où règnent la paix et la justice. Tout cela est inscrit dans ce nom : Jean !


11.05.2006

Jean-Paul II (9)


Lettre aux personnes âgées (1-X-1999), n. 7


Rayonnant de la lumière du Christ, le Nouveau Testament compte, lui aussi, d'éloquentes figures de vieillards. L'Evangile de Luc s'ouvre par la présentation de deux époux "avancés en âge" (1, 7), Elisabeth et Zacharie, les parents de Jean-Baptiste. La miséricorde du Seigneur (cf. Lc 1, 5-25. 39-79) se tourne vers eux : on annonce à Zacharie, désormais âgé, la naissance d'un fils. C'est lui-même qui le souligne : "Moi, je suis un vieillard et ma femme est avancée en âge" (Lc 1, 18). Tandis que Marie vient lui rendre visite, sa vieille cousine Elisabeth, remplie de l'Esprit Saint, s'exclame : "Bénie es-tu entre les femmes et béni le fruit de ton sein" (Lc 1, 42) et, à la naissance de Jean-Baptiste, Zacharie entonne l'hymne du Benedictus. Voilà un admirable couple de vieillards, envahi par un profond esprit de prière.