13.05.2006

Jean-Paul II (11)


Audience générale, 1er octobre 2003


Parvenus au terme de notre longue réflexion sur les psaumes et les cantiques de la Liturgie des Laudes, nous voulons réfléchir quelques instants sur cette prière qui, chaque matin, scande le moment de prière que sont les Laudes. Il s'agit du Benedictus, le cantique entonné par le père de Jean-Baptiste, Zacharie, alors que la naissance de ce fils avait changé sa vie, effaçant le doute qui l'avait rendu muet, une punition significative pour son manque de foi et de louange.

Maintenant, au contraire, Zacharie peut célébrer Dieu qui sauve, et il le fait par cette hymne que nous rapporte l'évangéliste Luc sous une forme qui, certainement, reflète son usage liturgique à l'intérieur de la communauté chrétienne des origines (cf. Lc 1, 68-79).

Le même évangéliste déclare que c'est un chant prophétique, qui est né grâce au souffle de l'Esprit Saint (cf. 1, 67). Nous sommes en effet devant une bénédiction qui proclame les actions salvifiques et la libération offerte par le Seigneur à son peuple. C'est donc une lecture "prophétique de l'histoire", c'est-à-dire la découverte du sens intime et profond de toute l'histoire humaine, guidée par la main cachée mais agissante du Seigneur, qui se noue à celle, plus faible et incertaine, de l'homme.


Jean-Paul II (10)


Homélie, Dimanche 24 juin 2001, nn. 1 et 2
Solennité de la Nativité de saint Jean-Baptiste
à l'aéroport de Chayka (Ukraine)


"Yahvé m'a appelé dès le sein maternel, dès les entrailles de ma mère il a prononcé mon nom" (Is 49, 1). Nous célébrons aujourd'hui la naissance de saint Jean-Baptiste. Les paroles du prophète Isaïe s'adaptent bien à cette grande figure biblique qui se situe entre l'Ancien et le Nouveau Testament. Dans la longue file des prophètes et des justes d'Israël, Jean "le Baptiseur" a été placé par la Providence immédiatement avant le Messie, pour Lui préparer la voie à travers la prédication et le témoignage de vie. Parmi tous les saints et les saintes, Jean est le seul dont la liturgie célèbre la naissance. Nous avons entendu dans la première Lecture que le Seigneur a appelé son Serviteur "dès les entrailles de sa mère". Dans sa plénitude, cette affirmation se réfère au Christ, mais, par reflet, elle peut également s'appliquer à son Précurseur. Tous deux viennent à la lumière grâce à une intervention particulière de Dieu : le premier naît de la Vierge, le second d'une femme âgée et stérile. Dès le sein maternel Jean préannonce Celui qui révélera au monde l'initiative d'amour de Dieu.

(...) "Jean est son nom" (Lc 1, 63). Zacharie confirme aux parents émerveillés le nom de leur fils, en l'écrivant sur une tablette. Dieu lui-même, par l'intermédiaire de son ange, avait indiqué ce nom, qui en hébreux signifie "Dieu est favorable". Dieu est favorable à l'homme : il veut qu'il vive, il veut son salut. Dieu est favorable à son peuple : il veut en faire une bénédiction pour toutes les nations de la terre. Dieu est favorable à l'humanité : il en guide le chemin vers la terre où règnent la paix et la justice. Tout cela est inscrit dans ce nom : Jean !


11.05.2006

Benoît XVI (8)


Homélie, 18 décembre 2005 (IV Dimanche de l'Avent)
(Visite pastorale dans la paroisse
romaine "Santa Maria Consolatrice")


Le premier mot sur lequel que je voudrais méditer avec vous est le salut de l'Ange à Marie. Dans la traduction italienne, l'Ange dit : Je te salue Marie. Mais la parole grecque qui est traduite, Kaire, signifie en soi réjouis-toi, sois contente. (...) C'est la première parole qui retentit dans le Nouveau Testament comme tel, car l'annonce faite par l'ange à Zacharie à propos de la naissance de Jean Baptiste est une parole qui retentit encore sur le seuil entre les deux Testaments. Ce n'est qu'avec ce dialogue de l'Ange Gabriel avec Marie, que commence réellement le nouveau Testament. Nous pouvons donc dire que la première parole du Nouveau Testament est une invitation à la joie : réjouis-toi, sois contente. Le Nouveau Testament est véritablement Evangile, la Bonne Nouvelle qui nous apporte la joie. Dieu n'est pas loin de nous, inconnu, énigmatique, voire dangereux ; Dieu est proche de nous, si proche qu'il se fait enfant, et que nous pouvons tutoyer ce Dieu.


Benoît XVI (7)


Audience générale, 19 octobre 2005


Zacharie, père de Jean-Baptiste, était devenu muet car il n'avait pas cru l'ange, mais ensuite, le pardonnant, Dieu lui avait accordé le don de prophétiser dans le chant du Benedictus : "Celui qui peu auparavant était muet, à présent il prophétise déjà", observe saint Ambroise, "c'est l'une des plus grandes grâces du Seigneur, que précisément ceux qui l'ont renié le confessent. Que personne ne se décourage donc, que personne ne désespère de recevoir les récompenses divines, même si d'anciens péchés le tourmentent, Dieu sait changer d'avis, si tu sais corriger la faute" (2, 33 : SAEMO, XI, Milan-Rome 1978, p. 175).


Jean-Paul II (9)


Lettre aux personnes âgées (1-X-1999), n. 7


Rayonnant de la lumière du Christ, le Nouveau Testament compte, lui aussi, d'éloquentes figures de vieillards. L'Evangile de Luc s'ouvre par la présentation de deux époux "avancés en âge" (1, 7), Elisabeth et Zacharie, les parents de Jean-Baptiste. La miséricorde du Seigneur (cf. Lc 1, 5-25. 39-79) se tourne vers eux : on annonce à Zacharie, désormais âgé, la naissance d'un fils. C'est lui-même qui le souligne : "Moi, je suis un vieillard et ma femme est avancée en âge" (Lc 1, 18). Tandis que Marie vient lui rendre visite, sa vieille cousine Elisabeth, remplie de l'Esprit Saint, s'exclame : "Bénie es-tu entre les femmes et béni le fruit de ton sein" (Lc 1, 42) et, à la naissance de Jean-Baptiste, Zacharie entonne l'hymne du Benedictus. Voilà un admirable couple de vieillards, envahi par un profond esprit de prière.