14.08.2006

Jean-Paul II (58)


Lettre aux prêtres, 23-III-2000, n. 4
Du Cénacle, Jérusalem


Il est vrai que, dans l'histoire du sacerdoce comme dans celle de tout le peuple de Dieu, on sent aussi la présence obscure du péché. Bien souvent, la fragilité humaine des ministres a obscurci en eux le visage du Christ. Comment s'en étonner, précisément ici au Cénacle ? Ici, non seulement s'est consommée la trahison de Judas, mais Pierre lui-même a dû prendre conscience de sa faiblesse en recevant l'amère prophétie du reniement. Certes, en choisissant des hommes comme les Douze, le Christ ne se faisait pas d'illusion : c'est sur cette faiblesse humaine qu'il posa le sceau sacramentel de sa présence. Saint Paul nous en indique la raison : "Ce trésor, nous le portons en des vases d'argile, pour que cet excès de puissance soit de Dieu et ne vienne pas de nous" (2 Co 4, 7).

C'est pourquoi, malgré toutes les fragilités de ses prêtres, le peuple de Dieu a continué à croire en la force du Christ qui agit par leur ministère.


13.08.2006

Jean-Paul II (57)


Homélie, Dimanche 29 juin 2003, n. 3
(Solennité de St Pierre et St Paul)


"Béni soit le Seigneur qui libère ses amis" (Psaume responsorial). Si nous pensons à la vocation et à l'histoire personnelle des deux Apôtres Pierre et Paul, nous remarquons comment la charge apostolique et missionnaire a été proportionnelle à la profondeur de leur conversion. Eprouvés par l'expérience amère de la misère humaine, ils ont été libérés par le Seigneur.

Grâce à l'humiliation du reniement et aux larmes abondantes qui le purifièrent intérieurement, Simon devint Pierre, c'est-à-dire le "roc" : affermi par la force de l'Esprit, il déclara par trois fois son amour à Jésus, recevant le mandat d'en paître le troupeau (cf. Jn 21, 15-17).

L'expérience de Saul fut analogue : ce Seigneur, qu'il persécutait (cf. Ac 9, 5), "l'appela par sa grâce" (cf. Ga 1, 15) en le foudroyant sur la route de Damas. Il le libéra ainsi de ses préjugés, en le transformant radicalement, et il en fit "un instrument élu" pour apporter son nom à toutes les nations (cf. Ac 9, 15).

Tous deux devinrent de cette façon des "amis du Seigneur".


12.08.2006

Benoît XVI (47)


Homélie, Jeudi 29 juin 2006, §6
Solennité de St Pierre et St Paul


"Toi donc, quand tu seras revenu" (Lc 22, 32) - cette parole est à la foi une prophétie et une promesse. Elle prophétise la faiblesse de Simon qui, devant une servante et un serviteur, niera connaître Jésus. A travers cette chute, Pierre - et avec lui chacun de ses successeurs - doit apprendre que sa propre force ne suffit pas à elle seule à édifier et à guider l'Eglise du Seigneur. Personne n'y réussit seul. Pour autant que Pierre semble capable et bon - dès le premier instant de l'épreuve, il échoue. "Toi donc, quand tu seras revenu" - le Seigneur, qui prédit sa chute, lui promet également la conversion : "Le Seigneur, se retournant, fixa son regard sur Pierre..." (Lc 22, 61). Le regard de Jésus réalise la transformation et devient le salut de Pierre : Lui, "sortant dehors [...] pleura amèrement" (22, 62). Nous voulons implorer toujours à nouveau ce regard sauveur de Jésus : pour tous ceux qui, dans l'Eglise, ont une responsabilité ; pour tous ceux qui souffrent des confusions de notre temps ; pour les grands et les petits : Seigneur, regarde-nous toujours à nouveau et relève-nous de toutes nos chutes et prends-nous entre tes mains bienveillantes.