04.08.2006

Jean-Paul II (54)


Audience générale, mercredi 3 mars 1999, n. 4


L'Evangile de Marc nous a conservé le terme araméen de "Abba" (cf. 14, 36) avec lequel Jésus, à l'heure douloureuse du Gethsémani, a invoqué le Père, le priant d'éloigner de lui la coupe de la passion. L'Evangile de Matthieu nous en a rapporté dans le même épisode la traduction : "Mon Père" (cf. Mt 26, 39, cf. également v. 42), tandis que Lucas utilise simplement "Père" (cf. Lc 22, 42). Le terme araméen, que nous pourrions traduire dans les langues modernes par "papa", "cher papa", exprime la tendresse affectueuse d'un fils. Jésus l'utilise de manière originale pour s'adresser à Dieu et pour indiquer, dans la pleine maturité de sa vie qui s'apprête à se conclure sur la croix, le rapport étroit qui, en cette heure dramatique également, le lie à son Père. "Abba" indique la proximité extraordinaire entre Jésus et Dieu le Père, une intimité sans précédent dans le contexte religieux biblique ou extra-biblique. En vertu de la mort et de la résurrection de Jésus, Fils unique de ce Père, nous aussi, aux dires de saint Paul, sommes élevés à la dignité de fils et nous possédons l'Esprit Saint qui nous pousse à crier : "Abba, Père !" (cf. Rm 8, 15; Ga 4, 6). Cette simple expression du langage infantile, utilisé quotidiennement dans le milieu de Jésus et chez tous les peuples, a revêtu ainsi une signification doctrinale d'une importance fondamentale pour exprimer la paternité divine particulière à l'égard de Jésus et de ses disciples.


03.08.2006

Benoît XVI (42)


Audience générale, 12 avril 2006, §2


Cette journée particulière, évocatrice de grands mystères, se termine par l'Adoration eucharistique, en souvenir de l'agonie du Seigneur dans le jardin de Gethsémani. L'Evangile rapporte que, pris d'une grande angoisse, Jésus demanda aux siens de veiller avec Lui en restant en prière : "Demeurez ici et veillez avec moi" (Mt 26, 38), mais les disciples s'endormirent. Aujourd'hui encore, le Seigneur nous dit : "Demeurez ici et veillez avec moi". Et nous voyons que nous aussi, disciples d'aujourd'hui, nous dormons souvent. Ce fut pour Jésus l'heure de l'abandon et de la solitude, qui fut suivie, dans le cœur de la nuit, par l'arrestation et le début du chemin douloureux vers le Calvaire.


01.07.2006

Benoît XVI (39)


Audience générale, 21 juin 2006, §2-3


Ce Jacques [le Majeur] appartient, avec Pierre et Jean, au groupe des trois disciples préférés qui ont été admis par Jésus à des moments importants de sa vie.

Comme il fait très chaud, je voudrais abréger et ne mentionner ici que deux de ces occasions. Il a pu participer, avec Pierre et Jean, au moment de l'agonie de Jésus dans le jardin du Gethsémani, et à l'événement de la Transfiguration de Jésus. Il s'agit donc de situations très différentes l'une de l'autre : dans un cas, Jacques avec les deux Apôtres fait l'expérience de la gloire du Seigneur. Il le voit en conversation avec Moïse et Elie, il voit transparaître la splendeur divine en Jésus ; dans l'autre, il se trouve face à la souffrance et à l'humiliation, il voit de ses propres yeux comment le Fils de Dieu s'humilie, en obéissant jusqu'à la mort. La deuxième expérience constitua certainement pour lui l'occasion d'une maturation dans la foi, pour corriger l'interprétation unilatérale, triomphaliste de la première : il dut entrevoir que le Messie, attendu par le peuple juif comme un triomphateur, n'était en réalité pas seulement entouré d'honneur et de gloire, mais également de souffrances et de faiblesse. La gloire du Christ se réalise précisément dans la Croix, dans la participation à nos souffrances.


21.05.2006

Jean-Paul II (23)


Lettre aux prêtres pour le Jeudi Saint, 14 mars 1999


L'Évangile est une révélation continuelle du Père. Quand, à l'âge de douze ans, Jésus est retrouvé par Joseph et Marie dans le Temple parmi les docteurs, aux paroles de sa Mère "Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ?" (Lc 2, 48), il répond en se référant à son Père : "Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ?" (Lc 2, 49). Il a à peine douze ans, et il possède déjà une conscience lucide de la signification de sa vie, du sens de sa mission, toute consacrée de la première à la dernière heure "à la maison de son Père". Cette conscience atteint son sommet au Calvaire, dans le sacrifice de la Croix, accepté par le Christ en esprit d'obéissance et de dévouement filial : "Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux. [...] Que ta volonté soit faite !" (Mt 26, 39.42). Et le Père, à son tour, accueille le sacrifice de son Fils, car il a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que l'homme ne meure pas, mais ait la vie éternelle (cf. Jn 3, 16). Oui, seul le Fils connaît le Père et c'est pourquoi lui seul peut nous le révéler.