01.09.2006
Benoît XVI (58)
Audience générale, 9 août 2006, §5
Cette question nous introduit au troisième moment du mouvement de l'amour : de destinataires qui recevons un amour qui nous précède et nous dépasse, nous sommes appelés à l'engagement d'une réponse active qui, pour être adéquate, ne peut être qu'une réponse d'amour. Jean parle d'un "commandement". Il rapporte en effet ces paroles de Jésus : "Je vous donne un commandement nouveau : vous aimer les uns les autres ; comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres" (Jn 13, 34). Où se trouve la nouveauté dont parle Jésus? Elle réside dans le fait qu'il ne se contente pas de répéter ce qui était déjà exigé dans l'Ancien Testament, et que nous lisons également dans les autres Evangiles : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (Lv 19, 18 ; cf. Mt 22, 37-39 ; Mc 12, 29-31 ; Lc 10 27). Dans l'ancien précepte, le critère normatif était tiré de l'homme ("comme toi-même"), tandis que dans le précepte rapporté par Jean, Jésus présente comme motif et norme de notre amour sa personne même : "Comme je vous ai aimés". C'est ainsi que l'amour devient véritablement chrétien, en portant en lui la nouveauté du christianisme : à la fois dans le sens où il doit s'adresser à tous, sans distinction, et surtout dans le sens où il doit parvenir jusqu'aux conséquences extrêmes, n'ayant d'autre mesure que d'être sans mesure. Ces paroles de Jésus, "comme je vous ai aimés", nous interpellent et nous préoccupent à la fois ; elles représentent un objectif christologique qui peut apparaître impossible à atteindre, mais dans le même temps, elles représentent un encouragement qui ne nous permet pas de nous reposer sur ce que nous avons pu réaliser. Il ne nous permet pas d'être contents de ce que nous sommes, mais nous pousse à demeurer en chemin vers cet objectif.
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10.08.2006
Benoît XVI (45)
Discours, samedi 8 juillet 2006, §6 et 8
(Voyage apostolique à Valence (Espagne) à l'occasion
de la V Rencontre Mondiale des Familles; Cité des Arts
et des Sciences)
Le père et la mère se sont dit un "oui" total devant Dieu, un "oui" qui constitue la base du sacrement qui les unit ; de même, pour que la relation au sein de la famille soit totale, il est nécessaire qu’ils disent aussi un "oui" d’acceptation à leurs enfants, à ceux qu’ils ont engendrés ou à ceux qu’ils ont adoptés, qui possèdent leur propre personnalité et leur propre caractère. Ainsi, les enfants grandiront dans un climat d’acceptation et d’amour, et il est à souhaiter que, lorsqu’ils parviendront à une maturité suffisante, ils pourront donner à leur tour un "oui" à ceux qui leur ont donné la vie. (...)
Le Christ a révélé ce qui est toujours la source suprême de la vie pour tous et donc aussi pour la famille : "Mon commandement, le voici : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis" (Jn 15, 12-13). L’amour de Dieu lui-même a été répandu sur nous par le Baptême. À partir de là, les familles sont appelées à vivre une qualité d’amour, puisque le Seigneur est celui qui se porte garant que cela est possible pour nous à travers l’amour humain, sensible, affectueux et miséricordieux comme l’amour du Christ.
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09.08.2006
Jean-Paul II (56)
Lettre aux prêtres, 23-III-2000, n. 4
Du Cénacle, Jérusalem
"Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu'à la fin". On sait que, à la différence des autres Évangiles, celui de Jean ne fait pas le récit de l'institution de l'Eucharistie, déjà évoquée par Jésus dans le long discours près de Capharnaüm (cf. Jn 6, 26-65), mais il décrit longuement le geste du lavement des pieds. Plus qu'un exemple d'humilité proposé à notre imitation, cette initiative de Jésus, qui déconcerte Pierre, est avant tout une révélation du caractère radical de la condescendance de Dieu envers nous. Dans le Christ, en effet, c'est Dieu qui "s'est dépouillé" et a pris "la forme d'esclave" jusqu'à l'humiliation suprême de la Croix (cf. Ph 2, 7) pour permettre à l'humanité d'accéder à l'intimité de la vie divine : les grands discours qui, dans l'Évangile de Jean, suivent le geste du lavement des pieds et qui en sont comme le commentaire, se présentent comme une introduction au mystère de la communion trinitaire, à laquelle le Père nous appelle en nous greffant sur le Christ par le don de l'Esprit.
Cette communion doit être vécue selon la logique du commandement nouveau : "Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres" (Jn 13, 34). Ce n'est pas par hasard que la prière sacerdotale couronne cette "mystagogie" en montrant le Christ dans son unité avec le Père, prêt à retourner vers Lui à travers le sacrifice de lui-même et ne voulant rien d'autre que faire participer ses disciples à son unité avec le Père : "Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu'eux aussi soient un en nous" (Jn 17, 21).
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08.08.2006
Jean-Paul II (55)
Homélie, 28 mars 2002, n. 2 (Messe "in Cena Domini")
"Faites ceci en mémoire de moi" (1 Co 11, 24-25). Avec ce commandement, qui nous engage à répéter son geste, Jésus conclut l'institution du Sacrement de l'Autel. Au terme du lavement des pieds, Il nous invite également à l'imiter : "Car c'est un exemple que je vous ai donné, pour que vous fassiez, vous aussi, comme moi j'ai fait pour vous" (Jn 13, 15). Il établit de cette façon une corrélation intime entre l'Eucharistie, sacrement de son don sacrificiel, et le commandement de l'amour, qui nous engage à accueillir et à servir nos frères.
On ne peut pas séparer la participation à la table du Seigneur du devoir d'aimer son prochain. Chaque fois que nous participons à l'Eucharistie, nous prononçons nous aussi notre "Amen" devant le Corps et le Sang du Seigneur. Nous nous engageons de cette façon à faire ce que le Christ a fait, "laver les pieds" de nos frères, en nous transformant en image concrète et limpide de Celui qui "s'anéantit lui-même, prenant condition d'esclave" (Ph 2, 7).
L'amour est l'héritage le plus précieux qu'Il laisse à ceux qu'il appelle à sa suite. C'est son amour, partagé par ses disciples, qui est ce soir offert à l'humanité tout entière.
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