03.07.2006

Benoît XVI (41)


Homélie, 9 avril 2006, §2-5 (Dimanche des Rameaux)
XXI Journée Mondiale de la Jeunesse


Ils se rappelèrent, dit Jean, que dans le prophète Zacharie, on lit : "Sois sans crainte, fille de Sion: voici que ton roi vient, monté sur un petit d'ânesse" (Jn 12, 15, cf. Zc 9, 9). Pour comprendre la signification de la prophétie et, ainsi, de l'action même de Jésus, nous devons écouter le texte tout entier de Zacharie, qui continue ainsi : "Il retranchera d'Ephraïm la charrerie et de Jérusalem les chevaux ; l'arc de guerre sera retranché. Il annoncera la paix aux nations. Son empire ira de la mer à la mer et du Fleuve aux extrémités de la terre" (9, 10). A travers ces paroles, le prophète fait trois affirmations sur le roi à venir.

En premier lieu, il dit qu'il sera le roi des pauvres, un pauvre parmi les pauvres et pour les pauvres. La pauvreté doit être comprise dans ce cas dans le sens des anawim d'Israël, ces âmes croyantes et humbles que nous rencontrons autour de Jésus - dans la perspective de la première Béatitude du Discours de la Montagne. (...) La pauvreté dans le sens où Jésus l'entend - et dans le sens des prophètes - présuppose surtout la liberté intérieure de l'avidité de possession et de la soif de pouvoir. (...)

En second lieu, le prophète nous montre que ce roi sera un roi de paix : il fera disparaître les chars de guerre et les chevaux de bataille, il rompra les arcs et annoncera la paix. Dans la figure de Jésus, cela se concrétise à travers le signe de la Croix. Celle-ci représente l'arc brisé et d'une certaine façon le nouveau, véritable arc-en-ciel de Dieu, qui unit le ciel et la terre et jette un pont sur les abîmes et entre les continents. La nouvelle arme que Jésus dépose entre nos mains est la Croix, signe de réconciliation, de pardon, signe de l'amour qui est plus fort que la mort. (...)

La troisième affirmation du prophète est l'annonce anticipant l'universalité. Zacharie dit que le royaume du roi de la paix s'étend "de la mer à la mer... jusqu'aux extrémités de la terre". L'antique promesse de la terre, faite à Abraham et aux Pères, est ici remplacée par une nouvelle vision : l'espace du roi messianique n'est plus un pays déterminé qui se séparerait ensuite des autres et qui prendrait donc également inévitablement position contre d'autres pays. Son pays est la terre, le monde entier. En franchissant chaque limite, dans la multiplicité des cultures, Il crée l'unité. (...) Le Christ domine en se faisant Lui-même notre pain et en se donnant à nous. C'est de cette façon qu'il construit son Royaume.


02.07.2006

Benoît XVI (40)


Homélie, Jeudi 15 juin 2006, §3 (Fête-Dieu)
(Parvis de la Basilique Saint-Jean-de-Latran)


Mais nous n'avons pas encore expliqué entièrement le message de ce signe du pain. Son mystère le plus profond, le Seigneur l'a évoqué au cours du Dimanche des Rameaux, lorsqu'on lui présenta la requête de certains Grecs de pouvoir le rencontrer. Dans sa réponse à cette question, se trouve la phrase : "En vérité, en vérité je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit" (Jn 12, 24). Dans le pain fait de grains moulus, se cache le mystère de la Passion. La farine, le blé moulu, suppose que le grain est mort et ressuscité. En étant moulu et cuit, il porte ensuite en lui une fois de plus le mystère même de la Passion. Ce n'est qu'à travers la mort qu'arrive la résurrection, qu'arrivent le fruit et la vie nouvelle. (...) Dans le pain et dans son devenir, les hommes ont découvert comme une attente de la nature, comme une promesse de la nature que cela devait exister : le Dieu qui meurt et qui, de cette façon, nous conduit à la vie. Ce qui, dans les mythes, était une attente et qui, dans le grain de blé lui-même, est caché comme signe de l'espérance de la création - cela a réellement eu lieu dans le Christ. A travers sa souffrance et sa mort choisies, Il est devenu pain pour nous tous, et, à travers cela, une espérance vivante et digne de foi.


30.06.2006

Jean-Paul II (52)


Homélie, 4 avril 2004, Dimanche des Rameaux, n. 1 et 2
XIX Journée Mondiale de la Jeunesse


Dans l'atmosphère de joie, voilée de tristesse, qui caractérise le Dimanche des Rameaux, nous célébrons la dix-neuvième Journée mondiale de la Jeunesse. Cette année, elle a pour thème : Nous voulons voir Jésus (Jn 12, 21), qui fut la requête que quelques Grecs (Jn 12, 20), venus à Jérusalem pour la fête de Pâques, adressèrent aux Apôtres.

Face à la foule venue pour l'écouter, le Christ proclama : Et moi, une fois élevé de terre, j'attirerai tous les hommes à moi (Jn 12, 32). Voilà donc sa réponse : tous ceux qui cherchent le Fils de l'homme le verront lors de la fête de Pâques, comme le véritable Agneau immolé pour le salut du monde.

Jésus meurt sur la Croix pour chacun et chacune d'entre nous. La Croix est, par conséquent, le signe le plus grand et le plus éloquent de son amour miséricordieux, l'unique signe de salut pour chaque génération et pour l'humanité tout entière.


29.06.2006

Benoît XVI (38)


Homélie, 9 avril 2006, §2 (Dimanche des Rameaux)
XXI Journée Mondiale de la Jeunesse


Pour comprendre ce qui a eu lieu au cours du Dimanche des Rameaux et savoir ce que cela signifie, non seulement à cette époque, mais aussi en tout temps, un détail se révèle important, qui devint également pour ses disciples la clé pour comprendre l'événement lorsque, après Pâques, ils reparcoururent avec un regard nouveau ces journées tumultueuses. Jésus entra dans la Ville Sainte à dos d'âne, c'est-à-dire l'animal des gens simples et ordinaires de la campagne, et en plus sur un âne qui ne lui appartenait pas, mais qu'II avait emprunté pour l'occasion. Il n'arrive pas sur un magnifique char royal, ni à cheval comme les grands de ce monde, mais sur un âne emprunté. Jean nous raconte que, dans un premier temps, les disciples ne le comprirent pas. Ce n'est qu'après Pâques qu'ils s'aperçurent que Jésus, agissant ainsi, accomplissait l'annonce des prophètes, que son action dérivait de la Parole de Dieu et la menait à bien. Ils se rappelèrent, dit Jean, que dans le prophète Zacharie, on lit : "Sois sans crainte, fille de Sion: voici que ton roi vient, monté sur un petit d'ânesse" (Jn 12, 15, cf. Zc 9, 9).


28.06.2006

Jean-Paul II (51)


Homélie, 4 avril 2004, Dimanche des Rameaux, n. 1
XIX Journée Mondiale de la Jeunesse


Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur (Lc 19, 38).

C'est avec ces paroles que la population de Jérusalem accueillit Jésus lors de son entrée dans la ville sainte, l'acclamant comme le roi d'Israël. Cependant, quelques jours plus tard, la même foule le repoussera avec des cris hostiles : Crucifie-le! Crucifie-le ! (Lc 23, 21). La liturgie du Dimanche des Rameaux nous fait revivre ces deux moments de la dernière semaine de la vie terrestre de Jésus. Elle nous plonge dans cette foule si inconstante, qui en quelques jours passa de l'enthousiasme joyeux au mépris homicide.

Dans l'atmosphère de joie, voilée de tristesse, qui caractérise le Dimanche des Rameaux, nous célébrons la dix-neuvième Journée mondiale de la Jeunesse. Cette année, elle a pour thème : Nous voulons voir Jésus (Jn 12, 21), qui fut la requête que quelques Grecs (Jn 12, 20), venus à Jérusalem pour la fête de Pâques, adressèrent aux Apôtres.