25.06.2006

Jean-Paul II (48)


Homélie, 8 juin 1999, n. 1 et 3
à Elk (Pologne)


Saint Luc, dans l'Evangile que nous venons d'entendre, nous rapporte la rencontre de Jésus avec un homme très riche appelé Zachée, chef des publicains. Comme il était de petite taille, il monta sur un arbre pour voir le Christ. Il entendit alors les paroles du maître : "Zachée, descends vite, car il me faut aujourd'hui demeurer chez toi". Jésus avait remarqué le geste de Zachée : il interpréta son désir et anticipa l'invitation. D'aucuns furent même stupéfaits du fait que Jésus aille trouver un pécheur. Zachée, heureux de la visite "reçut Jésus plein de joie" (cf. Lc 19, 6), c'est-à-dire qu'il ouvrit généreusement la porte de sa maison et de son cœur à la rencontre avec le Sauveur.

"Voici, Seigneur, je vais donner la moitié de mes biens aux pauvres" (Lc 19, 8). Je désire revenir à la lecture de l'Evangile de saint Luc : le Christ "la lumière du monde" (cf. Jn 8, 12) a apporté sa lumière dans la maison de Zachée, et de façon particulière dans son cœur. Grâce à la proximité de Jésus, de ses paroles et de son enseignement, la transformation du cœur de cet homme commence à s'accomplir. Sur le seuil de sa maison, Zachée déclare déjà : "Voici, Seigneur, je vais donner la moitié de mes biens aux pauvres, et si j'ai extorqué quelque chose à quelqu'un, je lui rends le quadruple" (Lc 19, 8). A partir de l'exemple de Zachée, nous voyons comment le Christ illumine les ténèbres de la conscience humaine. A sa lumière, les horizons de l'existence s'élargissent : c'est le début de la prise de conscience des autres hommes et de leurs nécessités. Le sens du lien avec l'autre, la conscience de la dimension sociale de l'homme et, en conséquence, le sens de la justice, naissent. "Le fruit de la lumière consiste en toute bonté, justice et vérité" enseigne saint Paul (Ep 5, 9). L'ouverture vers l'autre homme, vers le prochain, constitue l'un des fruits principaux d'une conversion sincère. L'homme se défait de son attitude égoïste "être pour lui-même" et se tourne vers les autres, ressent le besoin d'"être pour les autres, d'être pour ses frères.

Une telle ouverture du cœur dans la rencontre avec le Christ est le gage du salut, comme le révèle la suite de l'entretien avec Zachée : "Et Jésus lui dit : "Aujourd'hui le salut est arrivé pour cette maison [...] car le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu" (Lc 19, 9-10).


21.06.2006

Jean-Paul II (46)


Audience générale, mercredi 9 août 2000, n. 3


Lorsqu'il croise la vie d'une personne, Jésus touche sa conscience, lit dans son cœur, comme cela a lieu avec la Samaritaine, à laquelle il dit "tout ce qu'elle a fait" (cf Jn 4, 29). En particulier, il fait jaillir le repentir et l'amour, comme cela a lieu pour Zachée, qui donne la moitié de ses biens aux pauvres et restitue le quadruple de ce qu'il a extorqué (cf 19, 8). C'est ce qui arrive également à la pécheresse repentie à laquelle sont pardonnés ses péchés "parce qu'elle a montré beaucoup d'amour" (Lc 7, 47) et à la femme adultère qui n'est pas jugée, mais invitée à conduire une existence loin du péché (cf. Jn 8, 11). La rencontre avec Jésus est semblable à une régénération : elle donne origine à une créature nouvelle, capable d'un véritable culte, qui consiste dans l'adoration du père "en esprit et en vérité" (Jn 4, 23-24).