01.07.2006

Benoît XVI (39)


Audience générale, 21 juin 2006, §2-3


Ce Jacques [le Majeur] appartient, avec Pierre et Jean, au groupe des trois disciples préférés qui ont été admis par Jésus à des moments importants de sa vie.

Comme il fait très chaud, je voudrais abréger et ne mentionner ici que deux de ces occasions. Il a pu participer, avec Pierre et Jean, au moment de l'agonie de Jésus dans le jardin du Gethsémani, et à l'événement de la Transfiguration de Jésus. Il s'agit donc de situations très différentes l'une de l'autre : dans un cas, Jacques avec les deux Apôtres fait l'expérience de la gloire du Seigneur. Il le voit en conversation avec Moïse et Elie, il voit transparaître la splendeur divine en Jésus ; dans l'autre, il se trouve face à la souffrance et à l'humiliation, il voit de ses propres yeux comment le Fils de Dieu s'humilie, en obéissant jusqu'à la mort. La deuxième expérience constitua certainement pour lui l'occasion d'une maturation dans la foi, pour corriger l'interprétation unilatérale, triomphaliste de la première : il dut entrevoir que le Messie, attendu par le peuple juif comme un triomphateur, n'était en réalité pas seulement entouré d'honneur et de gloire, mais également de souffrances et de faiblesse. La gloire du Christ se réalise précisément dans la Croix, dans la participation à nos souffrances.


02.06.2006

Jean-Paul II (35)


Lettre Apostolique Rosarium Virginis Mariae (16-X-2002), n. 9


"Et il fut transfiguré devant eux: son visage devint brillant comme le soleil" (Mt 17, 2). L'épisode évangélique de la transfiguration du Christ, dans lequel les trois Apôtres Pierre, Jacques et Jean apparaissent comme ravis par la beauté du Rédempteur, peut être considéré comme icône de la contemplation chrétienne. Fixer les yeux sur le visage du Christ, en reconnaître le mystère dans le chemin ordinaire et douloureux de son humanité, jusqu'à en percevoir la splendeur divine définitivement manifestée dans le Ressuscité glorifié à la droite du Père, tel est le devoir de tout disciple du Christ; c'est donc aussi notre devoir. En contemplant ce visage, nous nous préparons à accueillir le mystère de la vie trinitaire, pour faire l'expérience toujours nouvelle de l'amour du Père et pour jouir de la joie de l'Esprit Saint. Se réalise ainsi pour nous la parole de saint Paul : "Nous reflétons tous la gloire du Seigneur, et nous sommes transfigurés en son image, avec une gloire de plus en plus grande, par l'action du Seigneur qui est Esprit" (2 Co 3, 18).


Benoît XVI (27)


Angelus, 12 mars 2006 (II Dimanche de Carême)


Tandis qu'ils se tenaient, stupéfaits, aux côtés du Seigneur transfiguré qui s'entretenait avec Moïse et Elie, Pierre, Jacques et Jean furent soudain enveloppés d'une nuée, dont sortit une voix qui proclama : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé; écoutez-le" (Mc 9, 7).

Lorsque l'on a la grâce de faire une profonde expérience de Dieu, c'est comme si l'on vivait quelque chose d'analogue à ce qui eut lieu pour les disciples au cours de la Transfiguration : pendant quelques instants, l'on a un avant-goût de ce qui constituera la béatitude du paradis. Il s'agit en général de brèves expériences, que Dieu concède parfois, en particulier en vue d'épreuves difficiles. Toutefois, il n'est donné à personne de vivre "sur le Thabor", tant que l'on se trouve sur cette terre. En effet, l'existence humaine est un chemin de foi et, en tant que tel, avance davantage dans l'ombre que dans la lumière, non sans moments d'obscurité, mais également d'intenses ténèbres. Tant que nous nous trouvons ici-bas, notre relation avec Dieu a lieu davantage dans l'écoute que dans la vision ; et la contemplation elle-même se réalise, pourrait-on dire, les yeux fermés, grâce à la lumière intérieure allumée en nous par la Parole de Dieu.


01.06.2006

Jean-Paul II (34)


Angelus, Dimanche 5 août 2001 (Castel Gandolfo)


Nous célébrerons demain, 6 août, la solennité de la Transfiguration du Seigneur. Les évangélistes Luc, Marc et Matthieu décrivent ensemble que Jésus conduisit, "sur une haute montagne", identifiée comme le Mont Tabor, en Galilée, les Apôtres Pierre, Jacques et Jean. Devant eux, il fut transfiguré. "Son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière" (Mt 17, 1-2). A côté de Lui, apparurent les vénérables figures de Moïse et d'Elie. Le Père lui-même, dans une "nuée lumineuse", fit entendre sa voix à ce moment en disant : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur, écoutez-le" (Mt 17, 5).

Ce mystère, que le Seigneur ordonna alors de garder secret (cf Mt 17, 9), est devenu, après sa Résurrection, partie intégrante de la Bonne Nouvelle : Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, que nous contemplons aujourd'hui dans la lumière éblouissante de sa gloire.

Deux mille ans après, l'Eglise répète avec la même vigueur que le Christ est la lumière du monde ! Sa lumière donne chaque jour un nouveau sens à notre façon de vivre.

C'est autour de cette annonce que s'est bâtie toute la vie du Serviteur de Dieu Paul VI, décédé le 6 août 1978. Pour l'Angelus de ce jour, qu'il ne put prononcer, il avait écrit : "La Transfiguration du Seigneur jette une lumière éblouissante sur notre vie quotidienne et oriente notre esprit vers le destin immortel que cet événement renferme".

Réécoutons ses paroles à vingt-trois ans de distance avec une profonde émotion. Evoquons avec gratitude et affection mon vénéré prédécesseur, qui a apporté un témoignage fidèle au Christ au cours d'années complexes et difficiles. Prions pour lui, en invoquant la Vierge Marie, céleste Mère de Dieu.


21.05.2006

Benoît XVI (19)


Angelus, Dimanche 7 août 2005, Castel Gandolfo


Les Mages adorèrent l'enfant de Bethléem, reconnaissant en Lui le Messie promis, le Fils unique du Père, comme affirme saint Paul, "car en lui habite corporellement toute la plénitude de la Divinité" (Col 2, 9). Une expérience semblable, dans un certain sens, a été faite par les disciples Pierre, Jacques et Jean - comme le rappelle la Fête de la Transfiguration, célébrée précisément hier - auxquels Jésus, sur le Mont Thabor, révéla sa gloire divine, en annonçant la victoire définitive sur la mort. A travers la Pâque, ensuite, le Christ crucifié et ressuscité manifestera pleinement sa divinité, offrant à tous les hommes le don de son amour rédempteur. Les Saints sont ceux qui ont accueilli ce don et sont devenus les véritables adorateurs du Dieu vivant, l'aimant sans réserve à chaque instant de leur vie. Avec la prochaine rencontre de Cologne, l'Eglise veut reproposer à tous les jeunes du troisième millénaire cette sainteté, sommet de l'amour.