25.04.2006

Enseignements

Sermon sur la montagne

Combien de générations avant nous se sont profondément émues en entendant le Discours sur la montagne ! Combien de jeunes, au cours des siècles, se sont réunis autour de Jésus pour apprendre les paroles de vie éternelle, précisément comme vous êtes réunis aujourd'hui ici ! (...) Il y a précisément un mois, j'ai eu la grâce de me rendre là, où Dieu parla à Moïse et lui donna la Loi écrite "du doigt de Dieu" sur des tables de pierre. Ces deux monts, le Mont Sinaï et le Mont des Béatitudes, nous offrent la carte de notre vie chrétienne et une synthèse de nos responsabilités envers Dieu et le prochain (JPII-38)


Béatitudes

Celles-ci sont, avant tout, des promesses, dont découlent aussi, de manière indirecte, des indications normatives pour la vie morale. Dans leur profondeur originelle, elles sont une sorte d'autoportrait du Christ et, précisément pour cela, elles sont des invitations à le suivre et à vivre en communion avec lui (JPII-36)


Le 18 novembre 1965, les Pères approuvèrent un Décret spécifique sur l'apostolat des laïcs, Apostolicam actuositatem. Celui-ci souligne avant tout que "la fécondité de l'apostolat des laïcs dépend de leur union vitale avec le Christ" (ibid., n. 4), c'est-à-dire d'une spiritualité robuste, nourrie par la participation active à la Liturgie et exprimée dans le style des Béatitudes évangéliques (BXVI-28)


Chaque chrétien est appelé à la sainteté, c'est-à-dire à vivre les Béatitudes. L'Eglise indique ces frères et sœurs qui se sont distingués par leurs vertus et qui ont été des instruments de la grâce divine, comme des exemples pour chacun. Aujourd'hui [Solennité de Tous les Saints], nous les célébrons tous ensemble, car, grâce à leur aide, nous pouvons croître dans l'amour de Dieu et être "sel de la terre et lumière du monde" (JPII-37)


Les anciennes prophéties concernant la ville sainte de Jérusalem..., se sont réalisées dans l'Eglise : "Debout, Jérusalem ! Resplendis (...) Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore et la gloire du Seigneur s'est levée sur toi" (Is 60, 1-3). C'est ce que devront réaliser les disciples du Christ : formés par Lui pour vivre dans le style des Béatitudes, ils devront attirer tous les hommes à Dieu, à travers le témoignage de l'amour (BXVI-29)


Notre Père

L'Évangile rapporte que les Apôtres, frappés par le recueillement du Maître s'entretenant avec son Père, lui demandèrent : "Seigneur, apprends-nous à prier". Alors, pour la première fois, il prononça les paroles qui devaient devenir par la suite la prière principale, et la plus fréquente, de l'Église et de tous les chrétiens, le "Notre Père" (JPII-39)


Nous voyons dans le "Notre Père" comment les trois premières questions se réfèrent précisément à ce primat de Dieu : que le nom de Dieu soit sanctifié, que le respect du mystère divin soit vivant et anime toute notre vie ; que "vienne le royaume de Dieu" et "que soit faite sa volonté" sont deux aspects différents de la même médaille ; là où est accomplie la volonté de Dieu le ciel est déjà présent, sur la terre commence aussi un peu du ciel... (BXVI-30)


Pendant toute sa vie, Jésus a proclamé le pardon de Dieu, mais il y a ajouté l'exigence du pardon mutuel comme condition pour l'obtenir. Dans le "Notre Père", il nous fait prier ainsi : "Remets-nous nos dettes comme nous-mêmes avons remis à nos débiteurs". Par ce "comme", il met entre nos mains la mesure selon laquelle nous serons jugés par Dieu (JPII-40)


La création est un don de Dieu confié à la créature humaine afin que, en la cultivant et en la conservant avec soin, celle-ci puisse pourvoir à ses nécessités. C'est du travail que provient le "pain quotidien", que nous invoquons dans la prière du Notre Père (JPII-53)


Paraboles

Il (l'enfant prodigue) se mesure lui-même à la mesure des biens qu'il a perdus, qu'il ne "possède" plus, tandis que les salariés dans la maison de son père, eux, les "possèdent". Ces paroles expriment surtout son attitude envers les biens matériels. Néammoins, sous la surface des paroles, se cache le drame de la dignité perdue, la conscience du caractère filial gâché (JPII-41)


Quand Jésus, dans ses paraboles, parle du pasteur qui va à la recherche de la brebis perdue, de la femme qui cherche la drachme, du père qui va au devant du fils prodigue et qui l’embrasse, il ne s’agit pas là seulement de paroles, mais de l’explication de son être même et de son agir (BXVI-31)


Dans le même chapitre XV de l'Evangile selon saint Luc, nous lisons la parabole de la brebis perdue, puis celle de la drachme retrouvée. Chaque fois y est mise en relief la même joie que dans le cas de l'enfant prodigue. La fidélité du père à soi-même est totalement centrée sur l'humanité du fils perdu, sur sa dignité. Ainsi s'explique surtout sa joyeuse émotion au moment du retour à la maison (JPII-42)


La parabole de la brebis perdue que le berger cherche dans le désert était pour les Pères de l’Église une image du mystère du Christ et de l’Église. L’humanité – nous tous – est la brebis perdue qui, dans le désert, ne trouve plus son chemin. Le Fils de Dieu ne peut pas admettre cela ; il ne peut pas abandonner l’humanité à une telle condition misérable. Il se met debout, il abandonne la gloire du ciel, pour retrouver la brebis et pour la suivre, jusque sur la croix (BXVI-32)


L'image de Dieu est si profondément ancrée dans l'âme de l'homme que la voix de la conscience peut difficilement être totalement réduite au silence. A travers la parabole du semeur, Jésus, dans l'Evangile, nous rappelle qu'il existe toujours un terrain fertile dans lequel la semence s'enracine, germe et porte du fruit (BXVI-36)


Dans la parabole sur l'administrateur injuste apparaît l'expression selon laquelle nous devons faire le bien avec l'"argent injuste". De là naît la question : l'argent, la richesse, sont-ils eux-mêmes injustes, ou que veut dire le Seigneur ? Clément d'Alexandrie explique très bien ce mot dans son homélie : "Quel riche se sauvera ?" et dit : Jésus "déclare injuste par nature toute possession que quelqu'un possède pour lui-même comme un bien propre et qu'il ne met pas en commun pour ceux qui en ont besoin... (BXVI-37)


La bonne annonce de l'Evangile consiste précisément en cela : dans l'offrande de la grâce de Dieu au pécheur ! Ailleurs, dans la célèbre parabole du pharisien et du publicain montés au Temple pour prier, Jésus indique même un publicain anonyme comme exemple appréciable d'humble confiance dans la miséricorde divine (BXVI-60)