31.05.2006

Jean-Paul II (33)


Audience générale, 6 mai 1998, n. 2 et 3


Le récit évangélique des noces de Cana nous aide à contempler la profondeur de la foi de Marie. Face au manque de vin, Marie pourrait rechercher une solution humaine au problème qui s'est posé, mais elle n'hésite pas à s'adresser immédiatement à Jésus: "Ils n'ont pas de vin" (Jn 2, 3). Elle sait que Jésus n'a pas de vin à sa disposition ; elle demande donc vraisemblablement un miracle. Et sa requête est d'autant plus audacieuse que, jusqu'à cet instant, Jésus n'a encore opéré aucun miracle. Agissant de la sorte, Elle obéit sans aucun doute à une inspiration intérieure, car, selon le plan divin, la foi de Marie devait précéder la première manifestation du pouvoir messianique de Jésus, comme elle a précédé sa venue sur terre. (...)

La foi à laquelle Marie est appelée n'est pas facile. (...) "Que me veux-tu, femme ? Mon heure n'est pas encore arrivée" (Jn 2, 4). (...) Pourtant, Marie ne renonce pas à sa requête, au point de solliciter les serviteurs pour l'accomplissement du miracle espéré : "Tout ce qu'il vous dira, faites-le" (Jn 2, 5). Grâce à la docilité et à la profondeur de sa foi, Elle lit les paroles du Christ au-delà de leur sens immédiat. Elle a l'intuition de la profondeur insondable et des ressources infinies de la miséricorde divine, et Elle ne doute pas de la réponse d'amour de son Fils. Le miracle répond à la persévérance de sa foi.

Marie se présente ainsi comme le modèle d'une foi en Jésus qui résiste à tous les obstacles.


30.05.2006

Jean-Paul II (32)


Lettre aux familles (2-II-1994), n. 18


Un jour, devant les disciples de Jean, Jésus parla d'une invitation à des noces et de la présence de l'époux parmi les invités : "L'époux est avec eux" (Mt 9, 15). Il signifiait par là l'accomplissement en sa personne de l'image, déjà présente dans l'Ancien Testament, de Dieu-Epoux, pour révéler pleinement le mystère de Dieu comme mystère d'Amour.

En se qualifiant comme "époux", Jésus dévoile donc l'essence de Dieu et confirme son amour immense pour l'homme. Mais le choix de cette image met aussi indirectement en lumière la nature véritable de l'amour sponsal. En effet, en y recourant pour parler de Dieu, Jésus montre à quel point la paternité et l'amour de Dieu se reflètent dans l'amour d'un homme et d'une femme qui s'unissent dans le mariage. C'est pour cela que, au début de sa mission, Jésus se trouve à Cana de Galilée, afin de participer à un banquet de noces, avec Marie et avec ses premiers disciples (cf. Jn 2, 1-11). Il entend ainsi montrer que la vérité sur la famille est inscrite dans la Révélation de Dieu et dans l'histoire du salut. Dans l'Ancien Testament, et spécialement chez les Prophètes, on trouve de très belles paroles sur l'amour de Dieu : un amour attentionné comme celui d'une mère pour son enfant, tendre comme celui de l'époux pour son épouse, mais aussi profondément jaloux ; ce n'est pas avant tout un amour qui punit, mais qui pardonne ; un amour qui se penche sur l'homme comme le père le fait sur son fils prodigue, qui le relève et le rend participant à la vie divine. Un amour qui émerveille : c'est une nouveauté inconnue jusqu'alors dans l'ensemble du monde païen.

A Cana de Galilée, Jésus est comme le héraut de la vérité divine sur le mariage, de la vérité sur laquelle peut s'appuyer la famille humaine, y trouvant la force nécessaire face à toutes les épreuves de la vie. Jésus annonce cette vérité par sa présence aux noces de Cana et par l'accomplissement de son premier "signe" : l'eau changée en vin.


29.05.2006

Benoît XVI (26)


Lettre 19 mai 2005, n. 2
(aux évêques d'Espagne à l'occasion du pèlerinage national
au sanctuaire de la Vierge "del Pilar" de Saragosse)


L'Immaculée reflète la miséricorde du Père. Conçue sans péché, elle fut capable de pardonner également ceux qui abandonnèrent et blessèrent son Fils au pied de la croix. En tant qu'Avocate, elle nous aide dans nos besoins et intercède pour nous auprès de son Fils en lui disant, comme elle le fit à Cana de Galilée, "Ils n'ont pas de vin" (Jn 2, 3), confiante dans le fait que son cœur plein de bonté ne nous abandonnera pas dans un moment de difficulté. En indiquant clairement "tout ce qu'il vous dira, faites-le" (Jn 2, 5), elle nous invite à nous approcher du Christ et, dans cette proximité, à faire l'expérience, à éprouver et à voir "combien le Seigneur est bon". De cette expérience naît dans le cœur humain une plus grande clairvoyance pour apprécier ce qui est bon, beau et vrai.