28.05.2006

Jean-Paul II (31)


Exhortation Apostolique Pastores gregis (16-X-2003), n. 6


Durant son pèlerinage sur cette terre, le Seigneur Jésus annonça l'Évangile du Royaume et l'inaugura en sa personne, révélant son mystère à tous les hommes. Il appela des hommes et des femmes à le suivre, et parmi les disciples il en choisit douze, pour qu'ils "soient avec lui" (Mc 3,14). L'Évangile selon saint Luc précise que Jésus fit ce choix après une nuit passée en prière sur la montagne (cf. Lc 6,12). Pour sa part, l'Évangile selon saint Marc semble donner à ce geste de Jésus le caractère d'un acte souverain, acte constitutif qui confère une identité à ceux qu'il a choisis : il en institua douze (Mc 3,14). Le mystère de l'élection des Douze est ainsi dévoilé : c'est un acte d'amour, voulu librement par Jésus, en union profonde avec le Père et avec l'Esprit Saint.


27.05.2006

Benoît XVI (25)


Audience générale, Mercredi 15 mars 2006, §3


Un signe évident de l'intention du Nazaréen de réunir la communauté de l'alliance, pour manifester en elle la réalisation des promesses faites aux Pères, qui parlent toujours de convocation, d'unification, d'unité, est l'Institution des Douze. Nous avons écouté l'Evangile sur l'institution des Douze. J'en lis une fois de plus la partie centrale : "Puis il gravit la montagne et il appelle à lui ceux qu'il voulait. Ils vinrent à lui et il en institua Douze pour être ses compagnons et pour les envoyer prêcher, avec pouvoir de chasser les démons. Il institua donc les Douze..." (Mc 3, 13-16; cf. Mt 10, 1-4; Lc 6, 12-16). Sur le lieu de la révélation, "la montagne", Jésus, à travers une initiative qui manifeste une conscience et une détermination absolues, constitue les Douze afin qu'ils soient avec lui les témoins et les annonciateurs de l'avènement du Règne de Dieu. Il ne subsiste aucun doute sur le fondement historique de cet appel, non seulement en raison de l'ancienneté et de la multiplicité des témoignages, mais également en vertu du simple motif qu'y apparaît le nom de Judas, l'apôtre traître, en dépit des difficultés que cette présence pouvait comporter pour la communauté naissante. Le nombre Douze, qui rappelle de toute évidence les douze tribus d'Israël, révèle déjà la signification d'action prophétique et symbolique implicite dans la nouvelle initiative de refonder le peuple saint. Le système des douze tribus ayant disparu depuis longtemps, l'espérance d'Israël en attendait la reconstitution comme signe de l'avènement du temps eschatologique (que l'on pense à la conclusion du Livre d'Ezechiel : 37, 15-19; 39, 23-29; 40-48). En choisissant les Douze, en les introduisant dans une communion de vie avec lui et en les faisant participer à sa mission d'annonce du Règne en paroles et en actes (cf. Mc 6, 7-13; Mt 10, 5-8; Lc 9, 1-6; Lc 6, 13), Jésus veut dire qu'est arrivé le temps définitif où se constitue de nouveau le Peuple de Dieu, le peuple des douze tribus, qui devient à présent un peuple universel, son Eglise.


26.05.2006

Jean-Paul II (30)


Audience générale, 4-VIII-1993, n. 3


La communion sacerdotale suppose et comporte l’attachement de tous, évêques et prêtres, à la personne du Christ. Quand Jésus voulut faire participer les Douze à sa mission messianique, l’Évangile de Marc nous dit qu’il les appela et les institua "pour qu’ils soient avec lui" (Mc 3, 14). Au cours de la dernière Cène, il s’adressa à eux comme à ceux qui avaient persévéré avec lui dans l’épreuve (cf. Lc 22, 28), et il les recommanda au Père et demanda pour eux l’unité. En demeurant tous unis dans le Christ, ils demeuraient unis entre eux (cf. Jn 15, 4-11). La conscience de cette unité et de cette communion dans le Christ demeura vive chez les Apôtres durant la prédication qui, de Jérusalem, les amena dans les diverses régions du monde alors connu, sous l’action impérieuse et en même temps unifiante de l’Esprit de Pentecôte. Cette conscience transparaît dans leurs Lettres, dans les Évangiles et les Actes.

Quand il appelle les nouveaux prêtres au sacerdoce, Jésus-Christ leur demande aussi l’offrande de leur vie à sa personne, voulant ainsi les unir entre eux grâce à un rapport spécial de communion avec lui. C’est la vraie source de l’accord profond de l’esprit et du cœur qui unit les prêtres et les évêques dans la communion sacerdotale.


25.05.2006

Benoît XVI (24)


Homélie, Mercredi 29 juin 2005, §4
(Solennité des Saints Apôtres Pierre et Paul)


Nous avons dit que catholicité de l'Eglise et unité de l'Eglise vont de pair. Le fait que ces deux dimensions nous deviennent visibles à travers les figures des saints Apôtres, nous indique déjà la caractéristique suivante de l'Eglise : elle est apostolique. Qu'est-ce que cela signifie ? Le Seigneur a institué douze Apôtres, de même que les fils de Jacob étaient douze, en les désignant ainsi comme les chefs de file du peuple de Dieu qui, désormais devenu universel, comprend dès lors tous les peuples. Saint Marc nous dit que Jésus appela les Apôtres pour être ses compagnons et pour les envoyer prêcher (Mc 3, 14). Cela semble presque une contradiction. Nous, nous dirions : ou ils sont avec lui, ou alors ils sont envoyés et se mettent en marche. Le saint Pape Grégoire le Grand prononça une phrase sur les anges qui nous aide à résoudre cette contradiction. Il dit que les anges sont toujours envoyés et, dans le même temps, sont toujours devant Dieu, et il poursuit ainsi : Ils sont envoyés partout, ils vont partout, ils marchent toujours dans le sein de Dieu (Homélie 34, 13). L'Apocalypse a qualifié les Evêques d'anges de leur Eglise, et nous pouvons donc en tirer l'application suivante : les Apôtres et leurs successeurs devraient toujours être avec le Seigneur et précisément ainsi - où qu'ils aillent - être toujours en communion avec Lui et vivre de cette communion.