25.04.2006

VIE PUBLIQUE

Baptême

Revenons en esprit sur les rives du Jourdain, où Jean-Baptiste administre un baptême de pénitence, en exhortant à la conversion. Jésus se présente lui aussi au Précurseur, transformant par sa présence ce geste de pénitence en une manifestation solennelle de sa divinité. A l'improviste, une voix retentit du ciel : Tu es mon Fils bien-aimé, tu as toute ma faveur (Mc 1, 11), et l'Esprit descend sur Jésus sous la forme d'une colombe (JPII-26)


Et voici que lorsque Jésus fut baptisé dans le Jourdain, l'Esprit Saint descendit, se posa sur Lui sous l'apparence physique d'une colombe, et Jean le Baptiste reconnut qu'Il était le Christ, l'"Agneau de Dieu" venu ôter le péché du monde. C'est pourquoi le Baptême au Jourdain est lui aussi une "épiphanie", une manifestation de l'identité messianique du Seigneur et de son œuvre rédemptrice qui culminera dans un autre "baptême", celui de sa mort et de sa résurrection, pour laquelle le monde entier sera purifié dans le feu de la divine miséricorde (BXVI-20)


Tentations au désert

Jésus, après avoir été baptisé dans le fleuve Jourdain, poussé par l'Esprit Saint... se retira pendant quarante jours dans le désert de Judée, où il surmonta les tentations de satan. En suivant leur Maître et Seigneur, les chrétiens eux aussi entrent spirituellement dans le désert du Carême pour affronter avec Lui "la lutte contre l'esprit du mal". L'image du désert est une métaphore très éloquente de la condition humaine (BXVI-21)


Le Seigneur Jésus lui-même, le Fils de Dieu, "éprouvé en tout, d'une manière semblable à nous, a l'exception du péché", voulut être tenté par le Mauvais, pour nous indiquer que, comme lui, les siens seraient eux aussi soumis à la tentation, et de même pour nous montrer comment il faut se comporter quand nous sommes tentés (JPII-27)


Premiers disciples

Jésus a depuis peu commencé sa prédication du Règne de Dieu, lorsque son regard se pose sur deux paires de frères : Simon et André, et Jacques et Jean. Ce sont des pêcheurs, occupés à leur travail quotidien. Ils jettent les filets, les préparent. Mais une autre pêche les attend. Jésus les appelle avec décision et ils le suivent aussitôt : désormais, ils seront "pêcheurs d'hommes" (BXVI-22)


Pour servir la vocation sacerdotale et son itinéraire, c'est-à-dire la naissance, le discernement et l'accompagnement de la vocation, l'Église peut trouver un exemple dans André, l'un des deux premiers disciples qui se mirent à la suite de Jésus. C'est lui-même qui se mit à raconter à son frère ce qui lui était arrivé : "Nous avons trouvé le Messie (c'est-à-dire le Christ)". Et la narration de cette "découverte" ouvre la voie à la rencontre : "Et il le conduisit à Jésus" (JPII-28)


Ils voient où il demeure et commencent à le connaître. En effet, ils ne devront pas être les annonciateurs d'une idée, mais les témoins d'une personne. Avant d'être envoyés évangéliser, ils devront "demeurer" avec Jésus, établissant avec lui une relation personnelle. Sur cette base, l'évangélisation ne sera autre qu'une annonce de ce qu'ils ont vécu et une invitation à entrer dans le mystère de la communion avec le Christ (BXVI-23)


C'est là, avec le quærere Deum, un thème classique de la spiritualité chrétienne illustré de manière exemplaire par la vocation des Apôtres. En racontant comment les deux premiers disciples ont suivi Jésus, Jean met en lumière la place occupée par cette "recherche". C'est Jésus lui-même qui pose la question : "Que cherchez-vous ?" Et tous deux répondent : "Maître, où demeures-tu ?" L'évangéliste poursuit : "Il leur dit : 'Venez et voyez'. Ils vinrent donc et virent où il demeurait, et ils demeurèrent auprès de lui ce jour-là" (JPII-29)


Choix des Apôtres

Le Seigneur a institué douze Apôtres, de même que les fils de Jacob étaient douze, en les désignant ainsi comme les chefs de file du peuple de Dieu qui, désormais devenu universel, comprend dès lors tous les peuples. Saint Marc nous dit que Jésus appela les Apôtres pour être ses compagnons et pour les envoyer prêcher (BXVI-24)


Quand Jésus voulut faire participer les Douze à sa mission messianique, l’Évangile de Marc nous dit qu’il les appela et les institua "pour qu’ils soient avec lui". Au cours de la dernière Cène, il s’adressa à eux comme à ceux qui avaient persévéré avec lui dans l’épreuve, et il les recommanda au Père et demanda pour eux l’unité (JPII-30)


Sur le lieu de la révélation, "la montagne", Jésus, à travers une initiative qui manifeste une conscience et une détermination absolues, constitue les Douze afin qu'ils soient avec lui les témoins et les annonciateurs de l'avènement du Règne de Dieu (BXVI-25)


Il appela des hommes et des femmes à le suivre, et parmi les disciples il en choisit douze, pour qu'ils "soient avec lui". L'Évangile selon saint Luc précise que Jésus fit ce choix après une nuit passée en prière sur la montagne (JPII-31)


Cana

En indiquant clairement "tout ce qu'il vous dira, faites-le", elle (Marie) nous invite à nous approcher du Christ et, dans cette proximité, à faire l'expérience, à éprouver et à voir "combien le Seigneur est bon". De cette expérience naît dans le cœur humain une plus grande clairvoyance pour apprécier ce qui est bon, beau et vrai (BXVI-26)


A Cana de Galilée, Jésus est comme le héraut de la vérité divine sur le mariage, de la vérité sur laquelle peut s'appuyer la famille humaine, y trouvant la force nécessaire face à toutes les épreuves de la vie. Jésus annonce cette vérité par sa présence aux noces de Cana et par l'accomplissement de son premier "signe" : l'eau changée en vin (JPII-32)


Le récit évangélique des noces de Cana nous aide à contempler la profondeur de la foi de Marie. Face au manque de vin, Marie pourrait rechercher une solution humaine au problème qui s'est posé, mais elle n'hésite pas à s'adresser immédiatement à Jésus: "Ils n'ont pas de vin" (Jn 2, 3). Elle sait que Jésus n'a pas de vin à sa disposition ; elle demande donc vraisemblablement un miracle (JPII-33)


Transfiguration

Ce mystère, que le Seigneur ordonna alors de garder secret, est devenu, après sa Résurrection, partie intégrante de la Bonne Nouvelle : Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, que nous contemplons aujourd'hui dans la lumière éblouissante de sa gloire. Deux mille ans après, l'Eglise répète avec la même vigueur que le Christ est la lumière du monde ! (JPII-34)


Les Mages adorèrent l'enfant de Bethléem, reconnaissant en Lui le Messie promis, le Fils unique du Père... Une expérience semblable, dans un certain sens, a été faite par les disciples Pierre, Jacques et Jean... auxquels Jésus, sur le Mont Thabor, révéla sa gloire divine, en annonçant la victoire définitive sur la mort (BXVI-19)


"Et il fut transfiguré devant eux: son visage devint brillant comme le soleil". L'épisode évangélique de la transfiguration du Christ, dans lequel les trois Apôtres Pierre, Jacques et Jean apparaissent comme ravis par la beauté du Rédempteur, peut être considéré comme icône de la contemplation chrétienne (JPII-35)


Lorsque l'on a la grâce de faire une profonde expérience de Dieu, c'est comme si l'on vivait quelque chose d'analogue à ce qui eut lieu pour les disciples au cours de la Transfiguration : pendant quelques instants, l'on a un avant-goût de ce qui constituera la béatitude du paradis. Il s'agit en général de brèves expériences, que Dieu concède parfois, en particulier en vue d'épreuves difficiles (BXVI-27)


Il a pu participer, avec Pierre et Jean, au moment de l'agonie de Jésus dans le jardin du Gethsémani, et à l'événement de la Transfiguration de Jésus. Il s'agit donc de situations très différentes l'une de l'autre : dans un cas, Jacques avec les deux Apôtres fait l'expérience de la gloire du Seigneur (...) ; dans l'autre, il se trouve face à la souffrance et à l'humiliation... La deuxième expérience constitua certainement pour lui l'occasion d'une maturation dans la foi, pour corriger l'interprétation unilatérale, triomphaliste de la première (BXVI-39)