25.04.2006

VIE CACHÉE

Le Verbe - Annonciation

On dirait que, de même que le ciel et la terre attendent la réponse de Marie, de même le Verbe attend, tremblant et en secret, pour réaliser tout aussitôt l'éternel dessein du Père (JPII-1)


Elle l'accueillit, et lorsque du plus profond de son cœur Elle répondit : "Je suis la servante du Seigneur ; qu'il m'advienne selon ta parole" (Lc 1, 38), à ce moment-là, le Verbe éternel commença à exister comme être humain dans le temps (BXVI-1)


Le Christ est le fondement et le centre de l'histoire, il en est le sens et le but ultime. C'est en effet par lui, Verbe et image du Père, que " tout a été fait ". Son incarnation (...) constitue le cœur vibrant du temps... (JPII-2)


Le salut de l'Ange est tissé de fils de l'Ancien Testament, en particulier du prophète Sophonie. Celui-ci fait voir que Marie, l'humble femme de province qui est issue d'une lignée sacerdotale et qui porte en elle le grand patrimoine sacerdotal d'Israël, est "le saint reste" d'Israël... (BXVI-2)


La communication entre Dieu et l’humanité a donc atteint sa perfection dans le Verbe fait chair. L’acte d’amour à travers lequel Dieu se révèle, uni à la réponse de foi de l’humanité, génère un dialogue fécond (JPII-3)


L'icône de l'Annonciation nous fait comprendre clairement, mieux que n'importe quelle autre, que tout dans l'Eglise remonte à ce moment-là, à ce mystère d'accueil du Verbe divin, où, par l'action de l'Esprit Saint, l'Alliance entre Dieu et l'humanité a été scellée de manière parfaite (BXVI-3)


Marie, lors de l'Annonciation, est confrontée à un message encore plus bouleversant, qui est la proposition de devenir la mère du Messie. A cette perspective, elle ne réagit pas par le doute, mais elle se limite à demander comment la virginité, à laquelle elle se sent appelée, peut être conciliée avec la vocation maternelle (JPII-8)


Réjouis-toi, sois contente. Le Nouveau Testament est véritablement Evangile, la Bonne Nouvelle qui nous apporte la joie. Dieu n'est pas loin de nous, inconnu, énigmatique, voire dangereux ; Dieu est proche de nous, si proche qu'il se fait enfant, et que nous pouvons tutoyer ce Dieu (BXVI-8)


Il y a une analogie étroite entre "l'annonciation" du texte de Matthieu et celle du texte de Luc. Le messager divin introduit Joseph dans le mystère de la maternité de Marie (JPII-4)


Visitation - Magnificat

Le Magnificat – portrait, pour ainsi dire, de son âme – est entièrement brodé de fils de l’Écriture Sainte (...), dans la Parole de Dieu, Marie est vraiment chez elle, (...) se manifeste ainsi que ses pensées sont au diapason des pensées de Dieu, que sa volonté consiste à vouloir avec Dieu (BXVI-4)


Quand Marie s'exclame : "Mon âme exalte le Seigneur et mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur", Jésus est présent en son sein. Elle loue le Père "pour" Jésus, mais elle le loue aussi "en" Jésus et "avec" Jésus. Telle est précisément la véritable "attitude eucharistique" (JPII-5)


Dans l'Evangile, nous avons entendu le Magnificat, cette grande poésie qui s'est élevée des lèvres, et plus encore du cœur de Marie, inspirée par l'Esprit Saint. Dans ce chant merveilleux se reflète toute l'âme, toute la personnalité de Marie (BXVI-5)


A sa cousine, la Vierge ne donne pas simplement quelque chose qui lui appartient ; elle se donne elle-même, sans rien demander en retour. Elle a parfaitement compris que, plus qu’un privilège, le don reçu de Dieu est un devoir, qui l’engage envers les autres dans la gratuité qui est le propre de l’amour (JPII-6)


Le premier geste accompli par Marie, après avoir entendu le message de l'Ange, a été celui de se rendre "en hâte" chez sa cousine Elisabeth pour lui proposer ses services (cf. Lc 1, 39). L'initiative de la Vierge fut une initiative de charité authentique, humble et courageuse (BXVI-6)


Après le Magnificat vient le silence ; rien n’est dit des trois mois de la présence de Marie aux côtés de sa cousine Élisabeth. Ou peut-être il nous est dit la chose la plus importante : le bien ne fait pas de bruit, la force de l’amour s’exprime dans la tranquille discrétion du service quotidien (JPII-7)


Lorsque saint Luc rapporte la rencontre de la Mère de Jésus, qui l'avait conçu en son sein virginal depuis quelques jours seulement, avec la mère de Jean-Baptiste, qui se trouvait déjà au sixième mois de grossesse, il témoigne de la présence active, bien que cachée, des deux enfants (BXVI-9)


Naissance du Baptiste - Benedictus

Tandis que Marie vient lui rendre visite, sa vieille cousine Elisabeth, remplie de l'Esprit Saint, s'exclame : "Bénie es-tu entre les femmes et béni le fruit de ton sein" (Lc 1, 42) et, à la naissance de Jean-Baptiste, Zacharie entonne l'hymne du Benedictus. Voilà un admirable couple de vieillards, envahi par un profond esprit de prière (JPII-9)


Zacharie, père de Jean-Baptiste, était devenu muet car il n'avait pas cru l'ange, mais ensuite, le pardonnant, Dieu lui avait accordé le don de prophétiser dans le chant du Benedictus (BXVI-7)


Parmi tous les saints et les saintes, Jean est le seul dont la liturgie célèbre la naissance. Nous avons entendu dans la première Lecture que le Seigneur a appelé son Serviteur "dès les entrailles de sa mère". Dans sa plénitude, cette affirmation se réfère au Christ, mais, par reflet, elle peut également s'appliquer à son Précurseur (JPII-10)


(Le cantique "Benedictus") est une lecture "prophétique de l'histoire", c'est-à-dire la découverte du sens intime et profond de toute l'histoire humaine, guidée par la main cachée mais agissante du Seigneur, qui se noue à celle, plus faible et incertaine, de l'homme (JPII-11)


Bethléem

Noël est désormais proche. Le Seigneur Dieu ne s'est pas opposé aux menaces de l'histoire par le pouvoir extérieur... Son arme est la bonté. Il s'est révélé comme un enfant, né dans une étable. Et c'est précisément ainsi qu'il oppose son pouvoir totalement différent aux puissances destructrices de la violence (BXVI-10)


L'Incarnation est le fruit d'un amour immense qui a poussé Dieu à vouloir partager pleinement notre condition humaine. Le fait que le Verbe de Dieu s'est fait homme a eu pour conséquence un changement fondamental dans la condition même du temps. Nous pouvons dire que, dans le Christ, le temps humain s'est rempli d'éternité (JPII-12)


"Le Seigneur m’a dit : Tu es mon fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré". Dans la nuit de Bethléem, ces paroles, qui étaient en fait plutôt l’expression d’une espérance qu’une réalité présente, ont pris un sens nouveau et inattendu. L’Enfant dans la crèche est vraiment le Fils de Dieu. Dieu n’est pas solitude éternelle, mais cercle d’amour où il se donne et se redonne dans la réciprocité. Il est Père, Fils et Esprit Saint (BXVI-11)


Au peuple opprimé et souffrant qui marchait dans les ténèbres apparut "une grande lumière". Oui vraiment, une "grande" lumière, parce que la lumière qui rayonne de l'humilité de la crèche est la lumière de la nouvelle création (JPII-13)


En cette nuit, dans laquelle nous regardons vers Bethléem, nous voulons aussi prier de façon spéciale pour le lieu de la naissance de notre Rédempteur et pour les hommes qui y vivent et qui y souffrent. Nous voulons prier pour la paix en Terre Sainte : Regarde, Seigneur, cette région de la terre qui, étant ta patrie, t’est si chère ! Fais que ta lumière y brille ! Fais que la paix y advienne ! (BXVI-12)


Pour saisir le sens et le don de grâce de ce Noël désormais imminent nous devons par conséquent nous mettre à l'école de la Madone et de son époux Joseph, que nous contemplerons à la crèche en adoration extasiée devant le Messie nouveau-né (JPII-14)


La tendresse désarmante de l'Enfant, la pauvreté surprenante dans laquelle Il se trouve, l'humble simplicité de Marie et Joseph, transforment la vie des pasteurs : ils deviennent ainsi des messagers de salut, des évangélistes ante litteram. Saint Luc écrit : "Puis les bergers s'en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu'ils avaient entendu et vu, suivant ce qui leur avait été annoncé" (JPII-25)


Présentation

La présentation au temple, tout en exprimant la joie de la consécration et en plongeant le vieillard Syméon dans l'extase, souligne aussi la prophétie du "signe en butte à la contradiction" que sera l'Enfant pour Israël et de l'épée qui transpercera l'âme de sa Mère (JPII-15)


La suggestive procession des cierges... nous a fait revivre la majestueuse entrée, chantée dans le Psaume responsorial, de Celui qui est "le roi de gloire", "le vaillant des combats". Mais qui est le Dieu vaillant qui entre dans le temple ? C'est un Enfant ; c'est l'Enfant Jésus, dans les bras de sa mère, la Vierge Marie... Il vient à Jérusalem pour entrer avec une attitude d'obéissance dans la maison de Dieu (BXVI-13)


L'Eglise célèbre ce mystère joyeux très suggestif, qui, d'une certaine façon, anticipe la douleur du Vendredi Saint et la joie de la Pâque. La tradition orientale appelle la fête d'aujourd'hui la "fête de la rencontre", car, dans l'espace sacré du temple de Jérusalem, se réalise la rencontre entre la bienveillance de Dieu et l'attente du peupe élu (JPII-16)


Les paroles qui, au cours de cette rencontre, viennent aux lèvres du vieux Syméon - "mes yeux ont vu ton salut" - trouve un écho dans l'âme de la prophétesse Anne. Ces personnes justes et pieuses, baignées par la lumière du Christ, peuvent contempler dans l'Enfant Jésus "la consolation d'Israël". Leur attente se transforme ainsi en lumière qui éclaire l'histoire (BXVI-14)


Epiphanie

Les Mages adorèrent l'enfant de Bethléem, reconnaissant en Lui le Messie promis, le Fils unique du Père, comme affirme saint Paul, "car en lui habite corporellement toute la plénitude de la Divinité"... Les Saints sont ceux qui ont accueilli ce don et sont devenus les véritables adorateurs du Dieu vivant, l'aimant sans réserve à chaque instant de leur vie (BXVI-19)


Le Seigneur a accompli des merveilles pour nous, il nous a comblés de miséricorde. Nous devons aujourd'hui faire nôtres les sentiments de joie éprouvés par les Mages dans leur marche vers le Christ : "Quand ils virent l'étoile, ils éprouvèrent une très grande joie" (JPII-17)


L'Epiphanie est un mystère de lumière, représentée de manière symbolique par l'étoile qui a guidé le voyage des Rois mages. Toutefois, la vraie source de lumière, l'"Astre d'en haut qui vient nous visiter", c'est le Christ. Dans le mystère de Noël, la lumière du Christ rayonne sur la terre, en se diffusant comme par cercles concentriques (BXVI-15)


Combien le symbole de l'étoile... est suggestif ! ...Elle parle à l'homme sécularisé, réveillant en lui la nostalgie de sa condition de voyageur à la recherche de la vérité et désireux d'absolu. L'éthymologie même du verbe "désirer" évoque l'expérience des navigateurs, qui s'orientent la nuit en observant les astres, qui en latin s'appellent "sidera" (JPII-18)


"Nous sommes venus l'adorer"... Mais que signifie "adorer" ? S'agit-il d'une attitude d'un autre temps, privée de sens pour l'homme contemporain ? Non ! ...C'est une reconnaissance emplie de gratitude, qui part du plus profond du cœur et qui investit l'être tout entier, car ce n'est qu'en adorant et en aimant Dieu par-dessus tout que l'homme peut se réaliser pleinement lui-même (BXVI-16)


Fuite en Egypte

D'Égypte, j'ai appelé mon fils. La Providence conduisait Jésus sur les routes où, autrefois, les Israélites avaient cheminé pour aller vers la terre promise, sous le signe de l'agneau pascal, en célébrant la Pâque. Jésus, l’Agneau de Dieu, lui aussi fut appelé d'Egypte par le Père, pour accomplir à Jérusalem la Pâque de l’alliance nouvelle et irrévocable (JPII-19)


Nous voulons confier en particulier les hommes, les femmes et les enfants qui vivent dans une situation de réfugiés à la protection maternelle de la Très Sainte Vierge Marie, qui, avec son époux Joseph et l'Enfant Jésus, fit l'expérience amère de l'exil, lorsque l'absurde persécution du roi Hérode contraignit la Sainte Famille à fuir en Egypte (BXVI-17)


"D'Égypte j'ai appelé mon fils." La route du retour de Jésus de Bethléem à Nazareth passa donc par l'Égypte. De même qu'Israël avait, "de l'état d'esclavage", pris le chemin de l'exode pour commencer l'Ancienne Alliance, de même Joseph, dépositaire et coopérateur du mystère providentiel de Dieu, veille aussi en exil sur celui qui réalise la Nouvelle Alliance (JPII-20)


Sur la mangeoire de Bethléem s'étend déjà l'ombre de la croix. Elle est déjà annoncée par la pauvreté de l'étable où pleure l'Enfant, par la prophétie de Siméon sur le signe de contradiction et sur l'épée destinée à transpercer l'âme de la Vierge, par la persécution d'Hérode qui rendra nécessaire la fuite en Egypte (BXVI-18)


Martyre des innocents

Le fait que Jésus, dès sa naissance, ait eu à faire face à des menaces et à des périls semble être d'une éloquence prophétique... Il y a aussi un signe d'éloquence prophétique dans le drame des enfants innocents de Bethléem, tués sur ordre d'Hérode et devenus, selon l'antique liturgie de l'Eglise, participants de la naissance et de la passion rédemptrice du Christ (JPII-21)


Retrouvé au Temple

L'épisode de Jésus au temple, lorsqu'il eut douze ans, est lui aussi tout à la fois joyeux et dramatique... La révélation de son mystère de Fils tout entier consacré aux choses du Père est une annonce de la radicalité évangélique qui remet en cause les liens même les plus chers à l'homme face aux exigences absolues du Royaume. Joseph et Marie eux-mêmes, émus et angoissés, "ne comprirent pas" ses paroles (JPII-15)


L'Évangile est une révélation continuelle du Père. Quand, à l'âge de douze ans, Jésus est retrouvé par Joseph et Marie dans le Temple parmi les docteurs, aux paroles de sa Mère..., il répond en se référant à son Père : "Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ?" Il a à peine douze ans, et il possède déjà une conscience lucide de la signification de sa vie, du sens de sa mission, toute consacrée de la première à la dernière heure "à la maison de son Père" (JPII-23)


Par une vocation singulière, (Marie) a vu son Fils Jésus "croître en sagesse, en taille et en grâce"... D'autre part, elle a été la première de ses disciples : première dans le temps, car déjà en le retrouvant dans le Temple elle reçoit de son Fils adolescent des leçons qu'elle conserve dans son cœur (JPII-24)