03.09.2006

Jean-Paul II (66)


Homélie, 10-VI-2000, n. 5
(soirée du samedi, à l'occasion de la solennité de la Pentecôte, journée jubilaire consacrée à la "réflexion sur les devoirs des
catholiques envers les autres : annonce du Christ, témoignage et dialogue")


"Il me rendra témoignage. Mais vous aussi, vous témoignerez, parce que vous êtes avec moi depuis le commencement" (Jn 15,26-27). Dans ces paroles est contenue toute la logique de la Révélation et de la foi dont vit l'Église : le témoignage de l'Esprit Saint, qui naît de la profondeur du mystère trinitaire de Dieu, et le témoignage humain des Apôtres, lié à leur expérience historique du Christ. L'un et l'autre sont nécessaires. Et il s'agit même, si l'on regarde bien, d'un unique témoignage : c'est l'Esprit qui continue à parler aux hommes d'aujourd'hui à travers la langue et la vie des disciples actuels du Christ.


31.08.2006

Jean-Paul II (65)


Lettre Apostolique Mane nobiscum Domine (7-X-2004), n. 1-2


"Reste avec nous, Seigneur, le soir approche" (Lc 24,29). Telle fut l'invitation insistante que les deux disciples, faisant route vers Emmaüs le soir même du jour de la résurrection, adressèrent au Voyageur qui s'était joint à eux le long du chemin. Habités par de tristes pensées, ils n'imaginaient pas que cet inconnu était bien leur Maître, désormais ressuscité. Ils faisaient toutefois l'expérience d'un "désir ardent" et profond (cf. ibid. 32), tandis qu'il leur parlait, leur "expliquant" les Écritures. La lumière de la Parole faisait fondre la dureté de leur cœur et "ouvrait leurs yeux" (cf. ibid., 31). Entre les ombres du jour déclinant et l'obscurité qui envahissait leur esprit, ce Voyageur était un rayon de lumière qui ravivait en eux l'espérance et qui ouvrait leurs cœurs au désir de la pleine lumière. "Reste avec nous", supplièrent-ils. Et il accepta. D'ici peu, le visage de Jésus aurait disparu, mais le Maître "demeurerait" sous le voile du "pain rompu", devant lequel leurs yeux s'étaient ouverts.

L'icône des disciples d'Emmaüs aide bien à orienter une Année qui verra l'Église particulièrement attentive à vivre le mystère de la Sainte Eucharistie. Sur la route de nos interrogations et de nos inquiétudes, parfois de nos cuisantes déceptions, le divin Voyageur continue à se faire notre compagnon pour nous introduire, en interprétant les Écritures, à la compréhension des mystères de Dieu. Quand la rencontre devient totale, à la lumière de la Parole succède la lumière qui jaillit du "Pain de vie", par lequel le Christ réalise de la manière la plus haute sa promesse d'être avec nous "tous les jours jusqu'à la fin du monde" (Mt 28,20).


26.08.2006

Jean-Paul II (64)


Homélie, 19 avril 2003, n. 2-3 (Veillée Pascale)


Ô sublime mystère de cette sainte Nuit ! Nuit durant laquelle nous revivons l’événement extraordinaire de la Résurrection ! Si le Christ était demeuré prisonnier du tombeau, l’humanité et la création tout entière auraient, d’une certaine manière, perdu leur sens. Mais toi, Ô Christ, tu es vraiment Ressuscité ! (...)

En cette nuit de la Résurrection, tout recommence à partir du "commencement" ; la création retrouve sa signification authentique dans le plan du salut. C’est comme un nouveau départ de l’histoire et du cosmos, parce que le Christ est ressuscité, pour être parmi les morts le premier ressuscité (1 Co 15, 20). Lui, le dernier Adam, est devenu l’être spirituel qui donne la vie (1 Co 15, 45).

Même le péché de nos premiers parents est chanté, lors de l’Exsultet pascal, comme felix culpa, "bienheureuse faute de l’homme, qui valut au monde le seul Rédempteur !". Là où le péché a abondé, maintenant la grâce surabonde et la pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle (Ps 117, 22) d’un édifice spirituel indestructible.

En cette sainte Nuit, est né un peuple nouveau, avec lequel Dieu lui-même a scellé une alliance éternelle dans le sang du Verbe incarné, crucifié et ressuscité.


25.08.2006

Jean-Paul II (63)


Lettre Apostolique Novo Millennio ineunte (6-I-2001), n. 35


Depuis deux mille ans, le temps chrétien est scandé par la mémoire de ce "premier jour après le sabbat" (cf. Mc 16,2.9; Lc 24,1; Jn 20,1), où le Christ ressuscité fit aux Apôtres le don de la paix et de l'Esprit (cf. Jn 20,19-23). La vérité de la résurrection du Christ est le donné originel sur lequel s'appuie la foi chrétienne (cf. 1 Cor 15,14), événement qui se place au centre du mystère du temps et qui préfigure le dernier jour, lorsque le Christ reviendra dans la gloire. Nous ne savons pas quels événements nous réservera le millénaire qui commence, mais nous avons la certitude qu'il demeurera solidement dans les mains du Christ, le "Roi des rois et Seigneur des seigneurs" (Ap 19,16), et justement en célébrant sa Pâque, non seulement une fois dans l'année, mais chaque dimanche, l'Église continuera à "montrer à chaque génération ce qui constitue l'axe porteur de l'histoire, auquel se rattachent le mystère des origines et celui de la destinée finale du monde" (Lettre Apostolique Dies Domini (31-V-1998), n. 2).


24.08.2006

Jean-Paul II (62)


Lettre Apostolique Rosarium Virginis Mariae (16-X-2002), n. 23


"La contemplation du visage du Christ ne peut s'arrêter à son image de crucifié. Il est le Ressuscité !" (Lettre apostolique Novo millennio ineunte, 6 janvier 2001, n.28). Depuis toujours le Rosaire exprime cette conscience de la foi, invitant le croyant à aller au-delà de l'obscurité de la Passion, pour fixer son regard sur la gloire du Christ dans la Résurrection et dans l'Ascension. En contemplant le Ressuscité, le chrétien redécouvre les raisons de sa propre foi (cf. 1Co 15,14), et il revit la joie non seulement de ceux à qui le Christ s'est manifesté – les Apôtres, Marie-Madeleine, les disciples d'Emmaüs –, mais aussi la joie de Marie, qui a dû faire une expérience non moins intense de la vie nouvelle de son Fils glorifié. À cette gloire qui, par l'Ascension, place le Christ à la droite du Père, elle sera elle-même associée par l'Assomption, anticipant, par un privilège très spécial, la destinée réservée à tous les justes par la résurrection de la chair. Enfin, couronnée de gloire – comme on le voit dans le dernier mystère glorieux –, elle brille comme Reine des Anges et des Saints, anticipation et sommet de la condition eschatologique de l'Église.